DE LA LEGUE.
Ne sut pas appelle monde fans jugement:
Car, ordre proprement, ce n’est rien que le monde.
LyiL
Tu ne te peux x qu’à tort, vanter d’être du monde,Si en tous tes effets le désordre y abonde ,
Et ne t’étonne point si tu te vois périr ,
Du désordre n’en peut que du malheur ensuivre ;
Vivre mal, ce n’est pas vivre , mais bien mourir ,
D'autant que le mourir, ce n’est rien que mal vivre.
LVIIL
Ne te fie d’un homme avant que le> çonnoître,
Si tune veux ta vie en mille dangers mettre,
Aussi le connoiiïànt ne t’en méfie pas ;
Si tu le tiens suspect, ne lui fais entreprendre ^Lorfqu’il a le moïen de ne faire un faux pas ;
Parceque du soupçon, la trahison s’engendre.
LIX.
Fie-toi bien du tout, ou du tout ne te fie,
Le bourreau le plus grand qui gêne notre vie,
Ce n’est que le soupçon alors que nous l’avons ,
Ne soupçonne donc point sans quelque connoiffànce,Aimons-nous, comme il faut, puisquenous le devons*L amitié ne va point avec la méfiance.
LX.
T u dis que tu te fie , èc veux que ton le croie.,
Mais, par tes actions tu> nous montre la voieDu meffi que tu as de ceux qui font à toi,
Transforme cette humeur en la ferme affùranceQu’on doit avoir en ceux qui vivent fous ta Loi.Soupçonner f en un mot), ce. n’est rien qu’ignorance.
LXI.
Ne fois dissimulé , tu ne le dois, pas être.
Qu’est-ce qui te contraint à nous faire paroîtreQue tu aimes quelqu’un, fi ce n’est ton humeur ?
La haine Sc l’amitié font en notre puissance,
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