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S A T V RMínippïï.
4 S r M EMOIRES
peintes les Armoiries Se Deviies desdits Seigneurs. Maître Jac-ques Pelletier, Curé de Saint Jacques ( i ) marchoit à coté,tantôt devant, tantôt derrière, habillé de violet, en Gendar-me Scholastique, la couronne Sc la barbe faite de frais , unebrigandine (z) fur le dos, avec l’épée Sc le poignard , Sc unehallebarde fur l’épaulc gauche , en forme de Sergent de bande,qui fuoit, pouiïoit Se haletoit, pour mettre chacun en rang »&c ordonnance. Puis fuivoient de trois en trois cinquante ousoixante Religieux, tant Cordeliers que Jacobins, Carmes ,Capucins, Minimes, Bons Hommes, Feuillants Sc autres, touscouverts avec leurs capuchons, Sc habits agrafés , armés à sati-rique Catholique : entr'autresy avoit six Capucins, aïant cha-cun un morion en tête , Sc au-dcííìts une plume de coq, re-vêtus de cottes de mailles, l’épée ceinte au côté par-deílus leurshabits, l’un portant une Lance , l’autre une Croix, l’un unEpieu , l’autre une Arquebuse , Sc l’autre une Arbalète, le toutrouillé, par humilité Catholique : les autres , presque tous,avoient des piques qui branloicnt souvent, par iaute de meil-leur paíîctcmps, horsmis un Feuillant boiteux (3), qui, armétout à crud, se faisoit faire place avec une épée à deux mainsSc une hache d’armes à fa ceinture, fou bréviaire pendu parderrière, Sc le faisoit bon voir fur un pied , fa lan t le moulinetdevant les Dames (4). A la queue y avoit trois Minimes , tousd’une parure : savoir, est, aïant fur leurs habits chacun un plas-tron à courraies, Sc le derrière découvert, la salade en tête ,l’épéc Sc pistolet à la ceinture, Sc chacun une arquebuse à croc»sans fourchette. Derrière étoit le Prieur des Jacobins (5) , enfort bon point, traînant une halcbarde de gauchere, Sc arméà la légere en mòrte-paie. Je n’y vis ni Chartreux, ni Célestins,qui s’étoient excusés fur le commerce. Mais tout cela marchoiten moult belle Ordonnance Catholique Romaine : Sc fem-bloient les anciens Cranequiniers (6) de France. Ils voulurent
fl) Curé de Saint Jacques-la Boucherie.J] fut obligé de sortir de Paris, après la ré-duction de ccttcVillc à l’obéiísance de HenriIV. Au reste , il fe nommoit Julien Pelle-tier, & il étoit frété de Jean & JacquesPelletier, connus par leurs Ouvrages. Voiezla Bibliothèque Françoise du Sieur de laCxoix-du-Maine.
(z) Brigandine, sorte de cotte de maille.
(?) Bernard de Montgaillard , dit le pe-tit Feuillant, qui se retira depuis en Flan-dres , ou il a vécu long-ceoips ; il eut l’Ab-
baïe d’Orval, dans le Comté de Chìni, ideux lieues de Montmédi. Voiez les Re-marques fur la Satire Ménippée , in- 80.p. 5; , & suiv.
(4) Ce fait, transporté ici , étoit arrivéau Siège de Paris en r 590.
(5) Ce Prieur étoit mort au temps donton parle ici.
( 6 ) C'est-à-dire, Arbalétriers. Crane-quin signifie un bandage de fer avec lequelon bandoit les aibalêtres»