Band 
Tome cinquième.
Seite
499
JPEG-Download
 

DE LA LIGUE. 499

Biarnois, lequel je nc voulus attendre de trop près, ni le voir cnface (i), de peur d’être excommunié ; &: puis vous laver que lalevée du Siégé de Senlis , où mon Couíìn ci-présent a bien faitparler de lui , jointe à la défaite de Saveusc, me donnèrent cou-verture de tourner visage; ce que je fisauíïï volontiers, que vous,Meilleurs de Paris, le déliriez, &í m’en requériez ardemment;depuis vous savez à quel point nous fûmes réduits , quand,ce Tyran, fortifié de f’Hérétique , vint à notre barbe prendre;Estampes & Pontoife ; mais par les bonnes ôí dévotes prièresdes Peres Jésuites Le l’interceíîion de Madame ma Sœur , avecl’entrcmife de plulicurs Saints Religieux Confesseurs , noustrouvâmes ce Saint Martyr , qui fit éclater ce coup du Ciel (2) ,Le nous délivra de la mifere Le captivité où nous étions près detomber cn peu de jours. Tellement qu’aïant pris haleine , ôcfait nouveaux desseins , Le nouveaux marchés avec notre bonRoi très Catholique Le Pere nourricier , je levai les cornes hau-tes , Le avec une gaillarde armée mi-partie , m’en allai hâterd’aller les Maheutrcs , qui, suivant les bons avis qu’en avoit re-çus maditc Dame Le Sœur , s’en fuioient outre mer à petit train.Mais parccqu’ils ne trouvèrent leurs vaisseaux prêts à Dieppe oùje fus les visiter, je me mis en devoir de les vous amener tousPrisonniers en cette Ville, vous souviendra bien avec quelleassurance je le vous promis , Lc avec quels préparatifs vous lesattendiez (3). Toutesfois quand je vis que ces Hérétiques nousfaifoient barbe de jeure, &c ne fe vouloient pas laisser prendrefans mitaines , je fus en Flandres pour en chercher, & leur laissiicependant faire cette bourafque aux Fauxbourgs de cette Ville,puis leur permis d’aller fe promener tout l’hyver à Vendôme ,au Mans , Laval , Argentan , Faleze, Alençon, Verneuil ,Evreux & Honfieur , que je leur laissai tout exprès prendre ,m’assurant bien que tôt après j’aurois tout leur butin en gros ,quand ils fe feroient bien morfondus Lc laissé mourir de froi-dure. Et de fait je leur fis bravement lever le pied à Dreux , &s’en fussent fui s’ils m’eussent voulu croire. Mais vous savez que

I S 1 )}.

Satyre

MÉNjruÍE.

( 1 ) Lorsque le Duc de Mayenne eut re-connu que Henri III, qu il vouloir forcerdan? tours, avoit été renforcé par les Troupes du Roi de Navarre animées par la pré-sence de leur Chef, il prit le parti de se re-tirer sans bruit.

(i) Le Duc de Mayenne, dans fa Décla-ration du «sois de Décembre ijjî, avoir

désigné fous le nom de coup du Ciel, l’hor-rible parricide commis par Jacques Clé-ment en la personne du Roi Henri III.Voie r, au T. VI. le Plaidoïer d’Antoine Ar-nauld, pour l'Université contre les Jésuites.

( i ) On avoit fait courir le bruit queHenri III étoit prisonnier, 8c qu'ou l’ame-jjoit à Paris,.

R r r i j