Band 
Tome cinquième.
Seite
522
JPEG-Download
 

1 593 -

S A T ï R

Mfnippíe.

5 îì MEMOIRES

quer de parole à un Maître , qui lui-même cil Valet Sc Sujet duE Roi. A la vérité nous sommes grandement obligés à ces gcns-là,aussi bien qu’à ceux qui aïant reçu quelque écorne ( i ) ou domma-ge du Tyran ou des liens , le font, par indignation Sc par espritde vengeance , tournés vers nous , Sc ont préíéré leur injure par-ticulière à tout autre devoir ( 2) ; 6c devons auílì beaucoup remer-cier ceux qui aïant commis quelque aílaílinat ou insigne lâchetéSc volerie, au Parti de l’Ennemi, fe font catholiqucment jettesentre nos bras, pour éviter la punition de justice, Sc trouverparmi nous toute franchise Sc impunité ; car ceux-là plus quenuls autres, font obligés à tenir bon jufqu’àla mort pour la sainteUnion. C’cst pourquoi il ne fe faut point délier du Baron d’Ale-gre (3), ni de Hacqueville , Gardien du Pontcau-de-Mer , nidu Concierge de Vienne Sc autres, qui ont fait de li beaux coupspour gagner les pardons avec difpeníè de leur ferment; ni pareil-lement de ceux qui ont courageusement mis la main au sang Sc àl’emprifonnement des Magistrats Politiques: en quoi Monsieurle Lieutenant a eu beaucoup de dextérité pour les engager, Sc.leur faire faire des choses irrémissibles , Sc qui ne méritent d’a-voir jamais grâce, non plus que ce qu’il a lait. Mais gardons-nous de ces Nobles, qui disent qu’ils font bons François , Sc quirefusent de prendre pensions Sc doublons d’Efpagne, Sc fontconscience de faire ía guerre auX Marchands Sc Laboureurs ;ces gens font dangereux, Sc nous pourroient faire un faux bond ;car ils fe vantent que si le Béarnois alloit à la Mesie,. jamaisleurs épées ne couperoient contre lui ni les siens. Qu’il vous sou-vienne des entrevues Sc parlemens qu’aucuns font si souvent versSaint Denis, Sc des passeports qu’on reçoit 6c qu’on envoie sifacilement de part 6c d’autre ; ces gens-là, Messieurs , n’oient laMesse que d’un genouil, 6c ne prennent de l’cau benite en en-trant en l’Eglife qu’en leur corps défendant, 6c de la main gau-che. Je voudrois qu’ils ressemblastcnt tous à ce bon Pelerin 6cCatholique zélé, Monsieur de la Mothe-Serrand (4) , lequel étantès prisons de Tours, pour rendre témoignage de fa Foi impli-cite, refusa de dîner Sc prendre fa réfection dépotage un jour

(1 ) Escorne , honte, diffame , ou igno- (z) Le Marquis d’Alégre sécant reconci-nainie. lié sincèrement en apparence avec M. de

(2.) On désigne M. de Villeroy , qui fe Montmorency Halot , il désira de Iç voirrangea du côté de la Ligue , pour une in- pour f assurer de son amitié, & le poignar-jure qu’il avoit reçue de M. d’Efpernon au da en l’embraílant. Cela arriva en i jyz.mois d Octobre 15 87 , & dont le Roi ne lui (4) On a déja parlé de M. de la Mothe-£t point de raison. Serrant.