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Satyre
MÍNirrÉE.
5 î 4 MEMOIRES
de Crucifix , Sc quelques-uns de mes plus proches , & quim’ont hanté plus familièrement, ont eu opinion que je sen-tors un peu lc fagot. A cause qu’étant jeune Ecolier , j’avoispris plaisir à lire des livres nouveaux , & étant à Toulouse , m'é-tois mêlé de dogmatiser, Lc depuis n’ai jamais fait de cons-cience ni difficulté de manger de la chair en Carême, ni decoucher avec ma sœur (i); mais depuis que j’eus ligné la Li-gue. Lc la Loi fondamentale de cet Etat , accompagnée desdoublons , Lc de l’efpcrancc du chapeau rouge , personne n’aplus douté de ma créance, Lc ne s’eít enquis plus avant dc maconscience Lc de mes déportemens. Véritablement je confeílèque je dois cette grâce dc ma Métamorphose , à Monsieur leDuc d’Efpernon, qui, pour m’avoir reproché au Conseil cedont on ne doutoit point à Lyon touchant ma bel le-sœur, futcause que de grand Politique que j’étois , je devins grand Lcconjuré Ligueur, comme je fuis à prélent, Directeur Sc Ordi-nateur des affaires sécrétés Lc importantes de l’Etat dc la SainteUnion. Ne doutez donc plus de demeurer fermes Lc coussinsen ce haut Parti, plein de tant de prodiges Lc de coups duCiel, defqucls il faut que fassiez une Loi fondamentale. Quantaux nécessités Lc oppressions du Clergé , vous y adviferez , s’ilvous plaît; car pour mon regard, je mettrai peine que ma mar-mite ne soit renversée, Lc aurai toujours crédit avec Roland LcRibaut, qui ne manqueront de me palet mes pensions, dequelque part que l’argent vienne. Chacun adv fiera à fe pour-voir, si bon lui semble, Lc de ma part je ne désire point lapaix, que premierement je ne fois Cardinal, comme on m’a
Î >romis , Lc comme je l’ai bien mérité : car, fans moi, Monsieure Lieutenant ne seroit pas au degré où il est, à cause que cefut moi qui retins le feu Duc de Guise son frere, qui s’en vouloiraller des Etats de Blois, fe défiant de quelque sourde embû-che du tyran ; mais je le sis demeurer pour attendre la dépêchede Rome , qu’on me devoit apporter dedans trois jours , Lc cefut pourquoi Madame fa Mere , ci présente , m’a reprochémaintesfois que j’étois cause de fa mort, dont Monsieur leLieutenant Lc tous les siens me doivent savoir bon gré, parce-que , sur ce prétexte, Lc pour venger cette belle mort, nous
(i) Henri III avoir fait & fait faire , en qui fait voir que ce Prélat en avoir com-recriminam, dit d'Aubigné, des Vers fous posé le premier contre ce Prince , sur unle nom de Philon & de l’Aurore , où cet pareil crime,inceste étoic reproché à f Archevêque j cc