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531 MEMOIRES
- que nous ne nous mettions tous à prouver, qu’il n’est que d’a-voir un Roi légitime, etiam dijcole , pourvu qu’il nous laiííc leE Pain de Chapitre, Lc le Purgatoire, lans rien innover jusqu’a»futur Concile. Mais en attendaut, advifez fi nous ferons unRoi ou non. Je fais que Monsieur le Lieutenant voudroit bienl’être ; aulli feroit son neveu , 8c encore son frere le Duc de Ne-mours : 8c je ne doute pas que les Ducs de Savoie 8c de Lorrai-ne n'en aient autant d'envie ; car, à la vérité, ils y ont autantde droit l’un que l’autre. Quant au Duc de Mercœur, ses Agensy feront autant que lui. S’il eût pris de bonne foi le Roi dePortugal Dom Antoine ( i ), 8c l’eiìt livré à son bon ami le RoiTrès Catholique, comme il lui avoit promis, je crois qu’il sefût contenté des droits qu’il a au Duché de Bretagne (z), pa-reils à ceux qu’avoit son aïeul Jean par sa femme. Mais ici, quin’y est, n’y prend. Premierement, je vous conseille de ne vousarrêter pas au Duc de Savoie , ni au Duc de Lorraine; ils ontallez à faire à leur Maison. Je m’alTure qu’ils se contenterontde peu. Si vous voulez laiíler au Savoïard, le Dauphiné 8c laProvence, avec une partie du Lyonnois 8c du Languedoc ,pourvû que vous lui falliez prendre Geneve, je voudrois gagerma vie qu’il ne vous demandera plus rien , que la confiscationde Lesdiguieres. Quant au Duc de Lorraine , otcz-lui le Ducde Bouillon , 8c lui baillez Sedan , Metz, toute la Champagne,8c partie de Bourgogne , qui est à fa bienséance , vous l’appai-serez par après pour un morceau de pain. Je viens maintenantà vous, Monsieur de Guise, Fils de bon Pere 8c de bonneMere , que des prédictions ont de long-temps destiné auxRoïaumes 8c Empires , 8c vous ont surnommé Pépin le bries rvous voilà sur le point d’être un grand Charlcmagne , votregrand bisaïeul, si marché tient. Mais regardez à ne vous laistèrpas tromper : ces Messieurs d’Espagnc, encore qu’ils soient nosbons amis , 8c bons Catholiques, ne font pas Marchands à unmot, & ce n’est pas d’à cette heure ; car il y a plus de deuxmille ans qu’ils s’en mêlent, 8c qu’on leur donnc.le nom d’êtrefins à doubler. Ils vous promettent cette divine Infante en ma-riage, pour la faire Reine in solidum avec vous; mais prenez
( i) Il fe volt quelqtres Lettres particulie- Duché de Bretagne par Ta femme , Marie defes par lesquelles il parole que le Duc de Luxembourg, de la Maison de Penthievre 3Mercœur pouvoir arrêter le Loi Dom An- qui venoit, par le moïen de Jean de Brsta-toine. gne, Comte de Peiyhievre.
(i) Le Due de Mercœur prétende» au