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Tome cinquième.
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D E L A L I G U E. H7

Sieur d’Angoulevent mettroit son dire par écrie , & sc tairait, —s’il pouvoir : alias ^ Lc à sauce de ce, qu’on l’envoïeroit au Com-te de Choisi (i). Ce que Monsieur k Lieutenant approuva de Me S k ^éIla tête ; Lc la rumeur, peu à peu cessée , Lc ledit d’Angouleventà peine rassis , le Sieur d’Anbrai, Député du tiers Etat, aïantlaissé son épée, harangua, à peu-près, ainsi.

HARANGUE DE MONSIEUR D'AUBRAY ,

POUR LE TIERS ETAT (r).

Par notre DameMessieurs, vous nous lavez baillé belle.

II n’étoit jà besoin , que nos Curés nous prêchassent qu’il fal-loir nous déboucher & débourbonner. A ce que je vois, parvos Discours , les pauvres Parisiens en ont dans les bottes bienavant, 6 i fera prou difficile de les déboucher. II est: déformaistemps de nous appercevoir que le faux Catholicon d’Espagneest une drogue qui prend les gens par íe nez ; 6 c ce n’est pasfans cause que les autres Nations nous appellent Caillettes ;puisque comme pauvres cailles coëstécs , & trop crédules , lesPrédicateurs Sí Sorbonistes , par leurs caillets (3) enchanteurs,nous ont fait donner dans les filets des tyrans , 6 c nous ont paraprès mis en cage , renfermés dedans nos murailles pour ap-prendre à chanter. II faut confesser que nous sommes pris à cecoup, plus serfs, êc plus esclaves, que les Chrétiens en Tur-quie, 6 c les Juifs en Avignon. Nous n’avons plus de volonténi de voix en Chapitre. Nous n’avons plus rien de propre,que nous puissions dire cela est mien ; tout est à vous , Mes-sieurs, qui nous tenez le pied íur la gorge , 6 c qui remplisseznos maisons de garnisons. Nos privilèges 6 c franchises ancien-nes font à vau l’eau. Notre Hôtel de Ville, que j’ai vu êtrel’as-suré refuge du secours des Rois , en leurs urgentes assaires, està la boucherie (4). Notre Cour de Parlement est nulle ; notre

(1) Jacques de l’Hôpìtal, Comte de Clioi- suppose cette Harangue, écoit Secrétairefy. du Roi , & avoir été élu Prévôt des Mar-

ia) Cette Harangue est du célébré Pierre chands le 1 6 Août 1378. C’étoit celui quePithou, si connu dans la République des les Ligueurs regardoient comme le Chef desLettres. Sous un désordre apparent, ce Dif- Politiques de Paris. Voïez les Remarquescours cache tout ce que 1 ‘Art & la Méthode fur la Sat. Ménipp. ìn 8°. p. z 34, z; f.ont de plus paillant pour persuader Sc pour (;) Guillaume Cailler avoir comme en-émouvoir. Voïez la vie de Pierre Pithou, chanté les mutins de la Jacquerie, qui lepar M. Grostey , Avocat à Troyes, T. r. p. firent leur Capitaine.a?j, Sc t'uiv. Claude d’Aubray, à qui l’on (4) C’est qu’un nommé Boucher, que l'o»

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