DE LA LIGUE.
en aide. J’ai un peu étudié aux Ecoles , non pas tant que j’euffedéliré; mais depuis j’ai vu du Païs, 6c voïagé jufqu’cu Tur-quie, 6c par toute laNatolie, Efclavonic, jufqu’à l’Archipcla-go , 6c Mer Majour , 6c Tripoli de Syrie , où j’ai appris ce direancien être véritable , à fruchbus eorum cognofcctis eos ; onconnoît à la longue , quelles font les intentions des hommespar leurs œuvres 6c leurs effets. Premièrement , je dirai avecpréface d’honneur, que (i) le Roi d’Efpagnc est un grand Prin-ce, sage, caut 6c avisé ; le plus piaillant, 8c plus grand terriende tous les Princes Chrétiens, 6c le feroit encore davantage sitoutes fes Terres 6c Roïaumes fe tenoient, 6c étoient joints àl’approche l’un de l'autre. Mais la France , qui est entre l’Ef-pagne 6c les Païs-Bas , est cause que,ses Seigneuries séparéeslui coûtent plus qu’elles ne lui valent ; car fur toutes Na-tions il redoute la Françoise , comme celle qu’il connoît êtreplus généreuse , êc avoir plus de valeur, 6c impatiente du repos6c de la domination étrangère. C’est pourquoi , comme pru-dent , prévoïant, 6c bien conseillé qu’il est, dès lors qu’il futcontraint de faire cette misérable paix (z) , qui fut scellée 6csignalée de la mort de notre bon Roi Henri II , n’ofant ouver-tement y contrevenir ni recommencer la guerre, pendant quela France étoit florissante , unie , bien d’accord , 6c de mêmevolonté ensemble , il a tâché de semer la division 6c la discordeparmi nous-mêmes; 6c li tot qu’il a vû nos Princes se mécon-tenter , ou fe bigarrer , il s’est secrcttement jetté à la traverse ,pour encourager l’un des Partis , nourrir 6c fomenter nos divi-sions , 8c les rendre immortelles , pour nous amuser à nous que-reller, entrebattre, 6c entretuer, afín d’être cependant 1 aille enpaix ; 6c tandis que nous nous affòiblirons , croître 8c s'aug-menter de notre perte 8c diminution. C’est la procédure qu’ila tenue depuis qu’il vit Meilleurs les Princes de Vendôme 6c deCondé mal contens, qui attirèrent avec eux la Maison deMontmorenci 6c de Chátillon , pour s’opposer aux avantageuxprogrès 6c avancemens de votre Pcre 6c de vos Oncles, M. leLieutenant , qui avoient envahi 8c usurpé toute l’autorité 6cpuisiâncc Roïale du temps du petit Roi François , leur Neveu-Je ne dis rien , que toute la France , jufqu’aux plus petits s ,
(i) Tout cet endroit est pris de VAvis guerre qu’il conseilloit déporter dans lesdonné à Henri III en 1595 , par François Païs-Bas.
de Noailìes, Evêque d’Acqs, touchant la (1) C’est la paix de Château-Cambrésis,
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