§66 MEMOIRES
mutins de la faction fe cachèrent dedans les caves, Sc chezSat !U leurs amis Sc voisins, n’attendans rien que la mort; Sc n’y eutMíNirpsE. aucun si hardi qui osât paroître dedans la rue, qu’il ne fût plusde huit ou neuf heures , tellement que le Roi eut pu , fans au-cune résistance fe saisir d’eux 8l de votre frere , 8c remettreabsolument son autorité , s’il eut permis que les gens de guer-re eussent joué des mains , Le chargé les premiers qui s’avance-rent à faire barricades , Le à boucher les passages des rues. Maisfa timidité , ou plutôt fa naturelle bonté, avec les impressionsque lui donnoit fa merc Le ses traîtres Conseillers , l’empêche-rentd’user désavantagé qu’il avoit en main, faisant défendre àses gens de guerre de frapper, ni offenser personne, Ze se tenircois fans rien entreprendre , ni faire effort à aucun des habitans ;qui fut cause que les mutins reprenans coeur, furies arrhes deleur entrepriie projettée , eurent loisir de s’armer, Le de ren-fermer comme entre deux gauffres , ceux qu’il n’osoient aupa-ravant regarder au visage. Et votre frere aussi venant qu’ontardoit tant à le venir attaquer, Se que de toutes parts lui ve-noient des gens en armes, que ceux du Roi laiffoient libre-ment palier , pareequ’ils n’avoient point charge de prendregarde à lui, & sachant que ceux de l'on parti commençoientàsc reconnoîtrc , Le à faire tête aux quartiers, selon Tordre qu’onavoit auparavant projetté, de désespéré qu’il étoit, il entra enpleine assurance , Le envola ses Gentilshommes destinés par lesrues Se cantons , pour assister 6eencourager les habitans, fe sai-sir des portes, Le des places ; 6e de fa part après s’être renforcéde bon nombre d’hommes armés , qui avoient leur rendez-vous à lui, sortit de sa maison sur les dix à onze heures , pour fefaire voir par les rues, Le par fa présence donner le signal de larévolte générale, qui mit incontinent le feu en la tête de tousles Conjurateurs ; lesquels, comme forcenés 6e furieux , fe ruè-rent fur les Suistes du Roi, qu’ils taillèrent en pièces; Le lesautres gens de guerre fe voïans renfermés entre deux barrica-des , devant Le derrière lans s’être osé défendre , à cause que leRoi leur avoit défendu, se rendirent à la merci de votre frere,qui les fit conduire en sûreté hors de la Ville. Ce qu’il fit,non tantpar clémence 8c douceur qui lui fût naturelle, que par ruse &ccautelle , pour mieux parvenir à son dernier but, qui étoit dese saisir du Roi, lequel il voïoit en armes fur ses gardes en sonLouvre , mal aisé à forcer si promptement, sans grand masta-çxc. Son artifice donc fut de filer doux , 8c de contrefaire le