5 g, MEMOIRES
—- quel il faisoit ses miracles. Nos Prêcheurs & Docteurs ont-i/s
1 “>93- p as prêché que le feu Roi étoit sorcier, & adoroir le Diable?
? A T y E R s au nom duquel il faisoit toutes les dévotions , 5c même au-cuns ont été fi impudens de montrer en chaire publiquementà leurs Auditeurs , des effigies faites à plaiíìr , qu’ils juroientêtre Pidole du Diable, que le tyran adoroit ; ainsi parloient-ils de leur Maître 5c de leur Roi. Ces mêmes Docteurs de Jé-rusalem tâchoient prouver par l’Ecriture que Jcfus-Christ mé-ritent la mort. Nos Prédicateurs éc Sorbonistes ont-ils par prou-- vé 6c approuvé par leurs textes , appliqués à leur fantaisie , qu ilétoit permis, voire louable Sc méritoire, de tuer le Roi, Sc l’ontencore prêché après fa mort ? Dedans Jérusalem étoient troisfactions qui fe faisoient appeller de divers noms; mais les plusmédians fe disoient zélateurs, assistés des Iduméens étrangers.Paris a été agité tout de même de trois factions, de Lorraine,d’Efpagne, 5c des Seize, participans de toutes les deux , sousle même nom de zélateurs, qui ont leurs Eléafars, & leurs Za-charies , Sc Acaries , Sc plus de Géans qu’il n’y en avoit à Jé-rusalem. Jérusalem étoit assiégée par Titus , Prince de diverseReligion, allant aux hasards 6c dangers comme un simple Sol-dat , & néanmoins si doux & gracieux , qu’il acquit le íurnonide Délices du genre humain. Paris a été assiégé par un Princede Religion différente, mais plus humain Sc débonnaire, plushasardeux Sc prompt d’aller aux coups, que jamais ne fut Ti-tus. Davantage, ce Titus ne vouloit rien innover en la Reli-gion des Juifs; aussi ne fait ce Prince en la nôtre, ains aucontraire nous donne espérance de l’cmbrastcr quelque jour,Sc en peu de temps. Jérusalem souffrit toute extrémité devantque fe rcconnoître, & fe reconnoiílant, n’eut plus de pouvoir,à en fut empêchée par les Chefs de la faction. Combien avons-nous souffert avant que nous connoître, & après nos souffran-ces, combien avons-nous désiré de pouvoir nous rendre , stn’en eussions été empêchés par ceux qui nous tenoient fous lejoug? Jérusalem avoit le Fort d’Antonia , le Temple 5c le Fortde Sion , qui bridoient le Peuple , 5c l’empêchoient de bran-ler, ni de fe plaindre. Nous avons le Fort de Saint Antoine (i),le Temple, Sc le Louvre, comme un Fort de Sion , qui nousfervent de camorrc (i) 5c de mords , pour nous tenir 5C rame-
(i) C'cst la Bastille, bâtie auprès de la comme une scie. M. Puretiere dit qu’on neporte Saint Antoine. s'en sert plus à présent ; cependant il est en-
(2.) Efpece dc caveíson creux, & dentelé core en usage dans les Académies des Pro-