1593 *
Satyre
lÉNirPÉE.
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pouvante pas des rodomontades Espagnoles, nî des tridesgrimaces des Seize, qui ne font que coquins , que je ne dai-gnai jamais saluer , pour le peu de compte que je fais d’eux.Je fuis ami de ma patrie , comme bon Bourgeois & Citoïen deParis. Je fuis jaloux de la conservation de ma Religion, 6e je fuis,en ce que je puis , Serviteur de vous & de votre Maison. Enfinchacun ed las de la guerre , en laquelle nous voïons bien qu’iln’est plus question de notre Religion, mais de notre servitude,& auquel d’entre vous les carcasses de nos os demeureront. Nepensez pas trouver à l’avenir tant de gens comme vous avez fait,qui veulent fe perdre de gaieté de cœur, 6 c épouser un déses-poir pour le rede de leur vie, ÔC pour leur podérité.
Nous. voïons bien que vous-mêmes êtes aux filets dit Roid’Efpagne , 8c n’en sortirez jamais que misérable 8c perdu. Vousavez fait comme le cheval, qui pour fe défendre d u cerf, le-quel il fentoit plus vîte & vigoureux que lui (i) , appellal’hom-me à son secours ; mais l’homme lui mit un mors en la bou-che , le sella 6c équippa, puis monta dessus avec bons éperons,& lc mena à la chasse du cerf, fie par-tout ailleurs, où bon luisembla, fans vouloir descendre de dessus, ni lui ôter la bride&la selle, & par ce moïen le rendit souple à la houssme & àl’épéron, pour s’en servir à toute besogne, à la charge ôé à lacharrue, comme le Roi d’Efpagne fait de vous; & ne doutezpas, que fi par votre moïen il s’étoit fait maître du Roïaume,qu’il ne fe défît bientôt de vous, par poison , par calomnies,ou autrement ; car c’cd la façon dont il use, & dont il ditcommunément, qu’il faut récompenser ceux qui trahissent leur
librement. M. de Mayenne lui écrivit cetteLettre.
« M. d'Aubray, je vous prie de croire» que je n ai jamais rien cru de vous que ce-, que je dois croire d’un Gentilhomme» d’honneur , 8c qui autant mérite en cette-, cause que nul autre ; un chacun sachant-, assez les devoirs que vous avez rendus en-, cette Ville durant le siège , 8c depuis en-, toutes les occasions qui se sont préfen--> tées ; & en mon particulier, je le con--, nois Sc confesserai toujours vous avoir de-, l'obligation. C’ess pourquoi vous ne de-5, vez entrer en opinion que je voulusse-, feulement penser à chose qui vous doive-, importer à votre réputation , ni des vô--- trçs ; vous conjurant que vous vouliez»> vous accommoder à la priere que je vous
-, fais , d’aller .pour quelque temps prendre-, du repos chez vous , n'étant ce que je„ sa ; s qu’au dessein que j'ai toujours cu„ d’empêcher la ruine du public , en con--- servant la Religion. Cette Lettre de ma» main vous en fera foi, Sc du désir que» j'aurai toujours de vous aimer 8c hono-5, ter comme mon Pere , n'entendant pour-, cela pourvoir à votre Charge , ni faire», chose qui vous doive offenser. Sur ce je„ prie Dieu , Sec.
Vôtre plus affectionné & parfait ami ,Charles de Lorraine.
(r) Ce Discours est fondé fur la lenteur& la péfanteur du Duc de Mayenne > d’uncpart ; Sc de l'autre/ur la vigilance 8c l’agilitéde Henri IV.