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S A T V R IMïNIPtÉE.
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dise. Car il n’est ici venu à autre fin , comme n’êtant Cardinalque par la faveur du Roi d’Efpagne , avec protestation de rui-ner la France, ou la faire tomber en pieces entre les mains deceux qui l’ont fait ce qu'il est ; ëí savons qu’il a un bref spé-cial (i) pour afiister à sélection d’un Roi de France.
Ha, Monsieur le Légat , vous êtes découvert, le voile estlevé ; il n’y a plus de charmes qui nous empêchent de voir clair;notre néceífité nous a ôté la taie des yeux , comme votre am-bition la met aux vôtres. Vous voie r aíîcz clair en notre rui-ne ; mais vous ne voïez goûte en votre devoir de Pasteur del’Eglise. Vous venez ici pour tirer la laine d’un troupeau , ëcpour lui ôter ses gras pastis &: ses herbages. Votre intérêt par-ticulier vous aveugle; trouvez bon que nous regardions au nô-tre. L’intérêt de vos Maîtres, qui veus mettent en besogne,comme un journalier à la tâche de la démolition d’une maison,est de s’agrandir de nos pieces, Lc tenir en repos leurs Seigneu-ries ; le nôtre est de nous mettre à couvert, &. cl’accorder nosdifférends , en ôtant les folles vanités que nous avez mises enla tête , ëc faisant la paix. Nous voulons sortir , à quelque prixque cc soit , dc ce mortel labyrinthe. II n’y a ni Paradis (isbien tapissés & dorés, ni Processions, ni Confrairies , ni Qua-rantaines , ni Prédications ordinaires ou extraordinaires , qurnous donnent rien à manger. Les Pardons , Stations, Indul-gences, Brefs ëc Bulles de Rome, font toutes viandes creuses,qui ne rassasient que les cerveaux éventés. 11 n’y a ni Rodomon-tade d’Espagne , ni bravacherie Napolitaine , ni mutinerie"Wallonne, ni Fort d’Anthonia, ni du Temple ou Citadelle,dont on nous menace, qui nous puisiè empêcher de desirer ëcdemander la paix. Nous n’aurons plus peur que nos femmes ëcnos filles soient violées, ou débauchées par les gens de guerre;Sc celles que la nécessité a détournées de l’honneur , se remet-tront au droit chemin, Nous n’aurons plus ces sangsues d’exac-teurs ëc maletostiers ; on ôtera ses lourds impôts qu’on a in-ventés à l’Hôtel de Ville furies meubles ëc marchandises libres,& fur les vivres qui entrent aux bonnes Villes, où il se com-met mille abus ëc concussions , dont le profit ne revient pas au
(i) li est certain qu’on répandit une pré-tendue Bulle , ou un Bref, qu’on disoit ve-nir de Clc'ment VIII, adressé à Philippe deSega , dit le Cardinal de Plaisance , pat la-quelle Bulle, ou par lequel Bref il lui étoitdonné pouvoir d’asstster à l’Assemblée des
Etats, & d’autorifer ['Election qur s'y feroitd’un Roi Catholique. Cette Piece étoit du.i j Avril 1591.
(1) Paradis } e pece d’Autels qu’on faitfur les rues.