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Tome cinquième.
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605
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DE LA LIGUE, 605

CZ-Ettc Harangue achevée, qui fur ouïe avec un grand silen- 1 59 bce 6c attention , beaucoup de gens demeurèrent bien camus 6c Satyr*étonnés , 6c ne fut de long-tcmps après toussé ni craché, ni fait MeK1p1> “-aucun bruit, comme fi les Auditeurs cuslent été frappés d’uncoup du Ciel, ou assoupis en un profond endormissement cTesiprit, jusqu’à ce qu’un Espagnol des Mutinados ( 1 ) fe leva lepremier , 6c dit tout haut, Todos los mattaremos eflos vclla-cos ( 1 j. Ce disant, partit de sa place, sans faire aucune révérenceà personne. Là-deflus chacun fe voulut lever pour s’en aller.

Mais l’Amiral de Villars (3) , moderne Roi d’Ivetot, suppliales Etats au nom des Cantons Catholiques , Ôe des Ligues desCatiílonnoîs, Lipans, Gaultiers, 6c autres Communautés zé-lées (4), de ne faire point la paix avec les Hérétiques, qu’il nedemeurât Amiral du Ponant 6c du Levant, 6c ne fût paie de sesfrais avee rétention de fes bénésices (5). Audi de ne point éli-re de Roi, qui ne fut ben compagnon , 6c ami des Cantons ;puis fe leverent Ribaud 6c Roland , qui supplierait l’A sem-blée de caser 6c abroger la Loi de repetundis (6) ; pour ce quecette Loi n’étoit ni Catholique , ni fondamentale. Ce fait, cha-cun se leva avec une merveilleulc tacíturnité ; 6c en sortant, leMailler avertissoit à la porte de retourner au Conseil à deuxheures de relevée. A quoi, moi qui parle , ne voulus faillir ,pour le désir quej’avois de voir les choses raresSz singulières,

6c les cérémonies qui s’y feroient, afin d’en avertir mon Maî-tre, 6c les Princes d’Italie , qui attendent avec beaucoup de dé-sir , quelle fera la procédure 6c l’iíïue de ces fameux Etats , te-nus contre tout ordre, 6c façon de faire accoutumée en France. Jerevins donc après dîner , d’asèz bonne heure au Louvre , 6c meprésentant pour entrer en la salle haute , comme j’avois fait au

( r) Les Mutinados ou Motìnados étoientde ces vieilles Troupes Espagnoles , qui ,sauce de paie, s’étoient si souvent mutinéesen- Plandre. Voïez les Remarques fur laSatyre Ménippée, in- 8 9 . p. 34t.

(1) C’est-à-dire,, nous tuerons tous cesmarauds là , carie meilleur n’en vaut rien.

Bellaco oiî vellaco signifie a U tir quelquefoiso ct fourbe ; & fort souvent un poltron , unhomme fans honneur, un faquin.

(?) André de Brancas-Villars, de la Mai -son d'Oile en Provence, ctoit en poííeíTionde tous ces petits Païs-ià pendant !a Ligue.

Le Roi le confirma dans fa dignité d Amiralòe Erance, & k fit Gouverneur de Rouen

& de Calais. II fur tué de sang froid parles Espagnols au combat de Dourleus en1 f 9 f. On a parlé ailleurs de la petite con-trée de Normandie , au Pais de Caux , prèsde Caudebec , appellée ivetot.

(4) On a parlé ailleurs de ces Catillon-nois , Lipans , Gaultiers , &c.

(y) C’est-à-dire, les Abbaïes de Tirou ,de Bonport, St de Josaphat, que les Eo'ia-listes retenoiem au Poécc Philippe des Por-tes , qui ne quittoit pas l’Amiral de Villars,.lequel ne fe gouvernoir que par ses conseils.

(fi) Les Loix du Peculat St de repetundiscroient autorisées dans leRoïaume, paiTOr-donnance de 1 jqj;