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Tome cinquième.
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646 MEMOIRES

"si ^ 9 3 . ~ foutcnemcnt de la Ligue contre le Roi ( 1 ), 8 c contre les Hu-guenots ; 6c tout cela se faisoit devant les Barricades.n otTb l e's En ccs conseils , croiíToit l’audace à résoudre affaires & con-sjr la saty- tenter leurs Partisans, encore qu’il s’agît d’une Ligue contre leke menipee. ^ âc l’Etat. Car outre le zele que l’on imprimoit a u coeur dechacun , disant que la Messe s’en alloit bas, si elle n’étoit ap-pui ée de la Ligue , l’on avoit bâti une assurance au Parti, tantenvers les Princes de la Ligue , que de beaucoup de Villes 6cProvinces , avec lesquelles ceux de Paris, qui avoient été pous-sés les premiers en ce branle , s’entendoicnt, avec promessesd’un secours mutuel. Du commencement , il ne se parloir en-tr’cux d'aucune entreprise , mais seulement tendoient, disoient-ils , à la défensive , au cas que l’on voulût attenter aux Catho-liques ; 6c l’invention des Barricades étoit résolue entr’eux plusd’un an auparavantl’effet d’iceilcs , pour se défendre seulement,òl non pour entreprendre ni commencer. Mais l’état des affairesfit changer tôt après ce conseil. Si on demande , comment pou-voient-ils faire tant d’cntrepriícs 6í sollicitations par tout leRoïaume de France ? où étoit l’argent, 6c comment cela sepouvoir faire, vu que les Chefs avoient bien peu de moïen ,& aucuns d’entr’eux étoient presque au safran : je réponds quela Lieue vint tout à point à la plupart. Car en ccs furieux& chauds commencemens, on ne manquoit d’argent, pour-ce que tous ceux qui entroient à la Ligue y emploïoient leursbiens 6c moïens ; de forte que plusieurs, tant Communautésque Particuliers , y font demeurés fort engagés 6c ruinés , parcequ’on commençoit par la dépense avec hasard de sa vie. Maisla peur qu’on avoir du Roi sc changea bientôt en audace. S’ileut arraché cette mauvaise plante en herbe , elle nel’cut pasétouffé , comme elle fit, étant devenue arbre. Car leur licencecrût tellement, qu’ils faisoient ce qu’ils vouloicnt, au vu 8 c sudu Roi , lequel n’ignoroif pas qu’ils s’aflèmbloient contre lui ,qu’ils avoient intelligence avec les Princes Etrangers, qu’ils re*cevoient à pleines mains des doublons d’Efpagne , 6c qu’ils pra-tiquoient beaucoup de Villes 6c Provinces : 6c néanmoins ne sebougea ; retenu , partie par son naturel mol 6c par sa mere ,( laquelle savoir trop de ces affaires , & s’en trouva mal à la fin,recevant le loïer de ses précédens déportemens) partie d’un désirde découvrir plus avant leurs desseins , 6c pensant faire ruiner

(1) Un des Articles fie la Déclaration du 31 Mars 1x85 étoit, qu’ils ne prenoient lesarmes contre le Roi . mais an contraire pour défendre fa personne.