648 MEMOIRES'
>—— timon d’aucuns Colonels, Capitaines Sc Quarteniers soupçon-1593. nés Sc favorisant le parti du Roi , desquels en fut ôté quelqueObservât, nombre , au grand regret de la Reine Mere, Sc y contredisant,notables au lieu desquels en fut établi d’autres. Par leur conseil, le Duc— fit faire une infinité de dépêches Sc instructions, pour envolerfions fion nom Sc de la Ville de Paris, à toutes les ProvincesSc Villes de la France , mêmement vers le Pape Sc le Roi d'Es-pagne , parce qu'il fournistbit à Fappointemcnt, Sc quelques au-tres Seigneurs , pour les instruire de ce qui s’étoit paste le jourdes Barricades , Sc les entreprises du Roi Sc de fion Conseil ; cequi occasionna beaucoup de Provinces Sc Villes , de ne croireaux lettres du Roi, Sc qui le traverfia fort en ses affaires. Tousles jours ces Seize tenoient conseil avec le Duc Sc les Magis-trats , de ce qui étoit à faire. Us députèrent aucuns d’entr’cuxpour envoler vers le Roi, lequel ils redoutoient, bien marrisde savoir laiffé échapper. Ces Députés eurent charge de lui re-montrer le préjudice qu’il fie faifoit de croire un mauvais Con-fie il , Sc la raison que le Peuple avoir eu de fie barricader , avecsommation de revenir à Paris , Sc ne la point abandonner , Scqu’il y trouveroit dc meilleurs serviteurs que ceux qui lui avoientconseillé dc la détruire Sc d’en sortir. Après , par assembléegénérale , ils nommèrent les plus affectionnés à leur Parti, pouraller aux Etats , baillèrent de terribles mémoires , pour y porterpar Favertissment de leurs associés, avec lesquels ils confé-roient journellement, Sc manioient le Peuple à leur plaisir,fortifians incessamment leur union Sc intelligence pratiquée avecles autres Princes, Sc beaucoup de Provinces du Roïaume , Scpar l’instruction de leur Conseil, auquel ils obéissoient, com-posé de Docteurs Sorbonnistcs, Curés Sc autres Ecclésiastiques,avec quelques-uns, tant de la Justice que des Marchands de tousles fieize Quartiers de la Ville de Paris. Les Députés de la Villefie regloient à ce même Conseil, Sc y prenoient leurs instructions.Ces fieize personnes, après F exécution de Blois, incitèrent leJ ' Peuple à révolte , le firent promptement courir aux armes, fiansaucun commandement ; Sc le loir même que les nouvelles en fu-rent apportées , toute la nuit le Peuple fut en armes , fansChef, fans commandement, fians Magistrats , parce que lePrévôt des Marchands Sc Echevins étoient retenus aux Etats,mais feulement à la promotion Sc conduite des Seize , qui tra-cassèrent de tous côtés , le Peuple étant étonné de fie voir privédc deux des principaux Chefs, Sc retenu par quelques Servi-teurs