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Tome cinquième.
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663 MEMOIRES

j ^3 désobéissance à leur Prince , de qui autrement ils rccevroient

, toute faveur : mais pour le salut de leurs âmes , qu’ils préfèrent

Possibilité \ , r 1 , • j 1 u r ,

de l'exerci- a toutes choies mondaines: ce que nous devons d autant plus

ce de la R. supporter , que nous tenons vulgairement contr’cux en notre

P. R. Religion , que toutes choses qui fe font à bonne intention font

bien faites & bonnes..

Or crois-jc que la plupart des gens paisibles approuveront cettevoie , comme la plus propre ; car de fait, en toutes les cruautésqui fe font exercées contr’eux, il ne fe trouvera gucrcs que desmalautrus , attirés par le pillage, ou des gens fans a me Le cons-cience , qui en aient fouillé leurs mains. Mais peut-être , au-ront-ils trouvé dur de leur accorder l’exercice de leur Reli-gion, &: singulièrement dedans les Villes, comme il a plu an Roi,Le penferoient faire assez pour eux , de ne les forcer point enleur conscience.

Premierement, je les prie de considérer que ceci leur a étéaccordé , non du premier coup, mais après avoir en vain éprou-vé les feux Le les eaux , Le toutes cfpeces de tourmens contr’cux,non légèrement , mais par une mure délibération des Etats,tenus íolcmncllcmcnt à Orléans; non pour mettre division enl’Eglife, mais pour prévenir la ruine Le division , autrementprochaine de l’Etar. Que depuis que par un zelc imprudent, onle leur a voulu ôter, nous n’avons vu que guerres , que mal-heurs, que ruines ; & que pour prévenir la totale & inévitableruine, il ne s’est trouvé autre m oie n , après avoir longuementmarchandé, que d'en venir à ce point. Et partant que ( com-me la paix est juste en tant que nécessaire ) cet article aussid'u n Edit de Paix est juste , en tant que cette nécessaire paix nepeut être , ni durer fans cet article. Je demande en après, lequelnous aimons le mieux , ou que ces gens deviennent Athéistesjou bien qu’ils demeurent tels qu’ils font. Si Athéistes , ils enseroient pires pour eux , en ce que ne croïant du tout rien , onn’en pourroit espérer amendement. Pires pour nous , en ce quene craignant ni révérant rien , nous ne pourrions avoir aucunefiance en chose qu’euísions à traiter avec eux. Pires pour l’Etar,en ce que n’attendant Dieu pour Juge , ils fe foucieroicnt peudes Juges Lc Magistrats qu’il a ordonnés en terre. Au lieu detous ces maux, nous n’en aurions autre bien , que d’avoir con-tenté une aveugle 8 c immodérée passion qui est en nous. Or ,qui doute qu’une partie n’en retombe-là, si nous les laissons com-me bêtes, fans nulle forme de Religion ?