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Tome cinquième.
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ç-jo MEMOIRES

_ dc temps de-là, a retenti par toute la terre ; dc les vaines fantai-

1593. lies que les Pharisiens prêchoient au Temple , en la chaire dePossibilité Moïse, se sont trouvées ensevelies. En ce, leur devons-nousrv: l'exekci- htvoir bon gré, dc reconnoître qu’ils n’ont point intention dece la R. trom p er personne à leur escient , quand ils délirent faire pro-fession de leur Doctrine publiquement, Lc devant tous. Ceuxqui vendent les hapelourdes, les montrent par-deíîbus le man-teau. Us retirent les gens en quelque recoin bien obscur. Ceuxqui veulent exposer la saillie monnoic , ne la baillent qu’à lachandelle. Les bons dc loïaux Marchands au contraire mettentleur marchandise en vue, dc la déploient en pleine halle , aumilieu des Reviíîtcurs. Ceux qui ont de bon argent le mettentà toute heure entre toutes gens, dc ne craignent touche ni cou-pelle. Si ces gens-ci ont de la fauílè monnoie, U quelque mau-vaise denrée , pour le moins en ce qu’ils désirent la mettre euvue, montrent-ils assez qu’il n’y a point de dol en eux, ainsqu’ils en font circonvenus les premiers , s’il y a circonvention.Or , s’ils font trompeurs, c’est donc le moïen de les découvrir.Si trompés simplement, ils méritent qu’on ait pitié d’eux ; dcmieux ne sauroit-on que les délivrer d’abus , comme d'un ma-lin esprit qui les possede, au milieu d’une belle dc grande as-semblée.

II me souvient, que lorsqu'ils s’aílèmbloient la nuit, pourprêcher aux cavernes, nous disions, s’ils s’aílèmblent pourbien faire, que ne le font-ils en plein jour ? Que ne nous vien-nent-ils prêcher en nos Eglises ! Les portes en font ouvertes àtout le monde. Ce qu’ils prêchoient en secret, les nous faisoitdétester. Le fait, à la vérité, ne dépend point de cela. Com-me les Pharisiens, de la maison d’Oraison saisoient une ca-verne de brigands ; d’une caverne aussi , les Chrétiens anciensont bien su faire une maison d’Oraison. Le lieu , le temps,l’hcure, n’y font rien , pourvu que ce qui s’y fait soit bien fait.Mais, en ce point, toutesfois avions-nous raison , que pour con-noître la vérité dc ce qui s’y faisoit dc disoit, nous voulionsqu’il se fît publiquement, ôí à notre vue.

Or, ce que lors nous requérions en eux , c’est ce qu’ils désirentaujourd’hui leur être permis entre nous, que peut-être nous nedevrions pas moins désirer queux. Car, s’ils prêchent vérité,la prêchant publiquement dc ès lieux plus remarqués, c’est lemoïen de la publier. Or, est-ce le but & le souverain désir denous tous, qu’elle soit connue entre tous ; que s’ils prêchent