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Tome cinquième.
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Possibilitéde l'exerci-ce DE LA R,

p. R.

671 MEMOIRES

qui étoít la Vérité même, far laquelle PEglife est fondée, ve~nant au monde pour convaincre les Docteurs de mensonge,n’alla point requérir l’Empereur ni ses Licutenans , de chaílèrles Scribes Lc Pharisiens du Temple ; ains il les alloit par laforce de vérité convaincre en pleine chaire. II leur faisoit peserles Ecritures qu’ils prêchoienc, &: ses Apôtres, à son exemple ,dont le Peuple s’en alloit converti par milliers. Or avons-nouscet avantage de plus, qu’outre la parole, nous avons le brasséculier pour nous défendre si on nous veut offenser , queJesus-Christ , au contraire , avoir bandé contre lui Le les siens.Ne disons plus que l’affeterie de ces gens nouveaux venus, su-bornera notre Peuple. Cette répliqué n’a point de grâce en labouche de personnes qui s’affurent de la vérité. Cicéron , avectoute son éloquence, ne put presque jamais gagner une mau-vaise cause.

Or y en a-t-il d’auísi éloquens pour le moins entre nous qu en-tr’eux. Et quant aux persuasions ou dissuasions extérieures,considérons, je vous prie,de quel côté elles sont plus fortes.Un Evêque , un Docteur renommé , prêchera d’une part. Del’autre , un pauvre homme , inconnu, de nulle estime & répu-tation. Or est-il que la personne &C l’autorité persuade bien sou-vent autant le Peuple, que la parole. L’un annoncera une doc-trine née, nourrie , imprimée òc enracinée au cœur du Peuple ;l’autre tâchera de la lui arracher, ou plutôt lui arracher , parmaniéré de dire, son cœur même. Or savons-nous tous, combiennous plaît notre style accoutumé , &C combien il nous est fâcheuxde le laiíler. L’un fera en possession de son Peuple , l'autre enprocès pour y rentrer. Si est-il certain que le poíîèílèur a l’avan-tage partout. Le Peuple d’unc part verra de l’aise , de la pros-périté , des faveurs , des bénédictions, des Rois, des Princes,des grandeurs. De l’autre, ne verra que des croix, des tourmens,des disgrâces, des pauvres gens combattus & battus de toutessortes d’afflictions.

Or est-il que chacun aime son aise , que nul ne veut perdre,que tous les hommes de leur naturel sont convoiteux de biens6 c d’honneurs. Bref, toutes les promesiès de ces Ministres ferontmenaces , toutes leurs persuasions pleines de dissuasion aux hom-mes , qui ne verront à leur fuite qu’une fuite de malheurs ; aulieu que les Rois, les Magistrats, les voisins, les maisons, letemps, les commodités qui se présenteront de l’autre part, se-ront autant de Prêcheurs pour reprêcher, ce que nos Docteurs

auront