DE LA LIGUE. 685
d’Espa'gne & lui ont voulu ruiner les Rois de France, &. par- "TjTjT"ticuliercment le Roi Henri IV, à présent régnant, & abusant Droits ndu prétexte de Religion, reculer ce légitime Successeur de la Phiupteu!Couronne de France, qu’ils voient plein de valeur, dt nourri(comme l’on dit) de sang & moelle de lion, disposé à vendi-quer un jour son j u Ile héritage. Mais Dieu qui hait plus unqui abuse du saint nom de Religion, que celui, qui aïant étéséduit à deílcin (comme ledit Sieur Roi) s’ell dévoie d’icelle,a voulu faire naître à présent ce Roi, qui délié de tant de piè-ges à lui tendus , a reçu la Couronne de France , à lui présentéepar une Armée puissmte, qui s’eíl soumise à lui avec tous lesgrands &: plus gens de bien de la France. Et quand ? lors-qu’on le pensoit, par les traverses & mort pratiquée du feuRoi Henri III, plus éloigné du diadème d’icelle.
L’Allemagne, de son côté, ouvre les yeux pour se munir con-tre ce Roi d’Espagne , qui, comme un aigle , pensoit jà tenirl’Empire du Monde en ses serres. L’Italie fait le même , Lc jàce bâtiment de R o ia urnes , composé de tant d’usurpations, secommence à dissoudre. Jà les Etats de Hollande Zelande ,rcconnoissms par j u Ile jugement de Dieu , combien à tort ilsont été distraits &c ravis de l’obéissmce de Jacqueline de Hai-nault leur Comtesse Sc légitime Princesse (qui pour avoir la viefauve, fut contrainte de quitter son Etat), se sont faits libres,aimant plutôt mourir, que d’être Sujets à domination si intolé-rable que l’Efpagnole.
Les Provinces de Gueldres & Zutphcn , soustraites des légiti-mes Seigneurs , par la donation que pratiqua le dernier DucCharles de Bourgogne, mort devant Nanci, d’Arnould , lorsDuc prisonnier, au préjudice d’Adolf son fils, se sont auísi re-tirées de son obéissmee. Le pais de Frizc a fait le même.
Les plus sages & modérés des Païs-Bas de Flandre, Hai-naultè- Artois, tendent les bras aux Rois de France, non d 11tout pour les demésurées impositions (comme de vingt folspour moulte d’unemine de blé, quarante fols pour vache quile tue ou nourrit, Lc autres, que l’on fait païer en Flandre ,mais pareequ’ils savent qu’ils font du Domaine ancien de laCouronne de France, & que Flandre en fait l’un des Mem-bres &. Pairies; crient tout haut, qu’il n’a été au pouvoir du RoiFrançois I (lors prisonnier) de les abandonner , & y avoir encela lieu de restitution, puisque c’est Loi tenue de tous , queprisonnier gardé étroitement, comme écoit ledit Sieur Roi ,