MEMOIRES
--*— la postérité; Il retonnoîc assez que de l’excès desdites tailles,
son Peuple demeure en langueur, Sc la Noblesse qui le suit estfaite pauvre , poir ne pouvoir ni oser le Païsan labourer lesterres de la Noblesse, ni d’autres, pour la crainte desdites tail-les ; au m oie n de quoi les terres demeureront fans culture , Scla Noblcste, qui n’a autre richesse que de la terre , ne le pourroitplus suivre Sc servir, ni le Peuple des champs &: Villes , forge-ron des commodités du Roïaume , le secourir.
Vous donc, Noblesse , ( íi aucuns y a de cette qualité qui veuil-le , contre le devoir de ía profession, porter l’écharpe de Li-gue, au lieu de la nôtre blanche , couleur de lys de France )quel honneur pensez-vous laisser à vos en fans, de dire que vousatez fomenté Sc nourri cette hydre de Ligue, qui nous a pro-duit tant de misères ? voïez-vous point que vous étouffez laclarté de vos races fous les cendres de votre rébellion ? Prenez,prenez la couleur de vos frétés, Sc ne permettez , que de noblevotre race demeure vilaine, tachée de trahison vers vous-mêmes,Sc vers votre patrie.
Et vous Peuples, defqucls la prospérité est tant différente decelle en laquelle vous laissèrent nos défunts Rois Sc Pères , voïczla surface de notre pauvre Pais, anciennement parée de vosbeaux plans & badinons (je ne le puis dire fans regret) main-tenant déserte, hérissonnéc, Sc íans culture. Où est cette li-berté promise par la Ligue ? Helas ! (comme disoit, je crois,Theophrastc aux Grecs) on y a bien mêlé du vinaigre ; ouestcette abolition «le tailles ? helas! ils les ont sextuplées! Ouestce rétablissement de Religion? helas, ils ont abbatu Sc profanévos Eglises ! les Prêtres mêmes prennant les armes, se sont dé-bordés à mille vilai nies ! Considérez qu’il n’y a en France justi-ce , ni force publique que de votre Roi, qui vous puisse garan-tir d’injure. Voiez-vous point comme vous allez appauvrissans,& que ccs affamés Gouverneurs, desquels vous nourrissez la ré-bellion , vous étoufferont un de ces jours pour avoir votre sang,écorcheront pour avoir votre peau , puisque d’entr’eux le plusriche n’a de quoi vivre, si ce n’est de votre substance , ni com-modité , qu’il ne forge (tir votre jà foiblc enclume? Vivez , vi-vez sous votre Roi Lc ses Loix, chassez ces Prêcheurs à gages,ces misérables boute-feux Sc destructeurs de notre Patrie ; cen’est point la Religion ; le Duc de Mayenne reconnoît en avoirété abuíé ; on íe lait bien , & on efpere puisque la Couron-ne (comme disoitTite, fils de Vespaíìan, appelle pour sa
bonté,