DE LA LIGUE.
7oj
Avertissement.
T 1 es François avoient été, pour la plus grand part, tellement séduits par !esartifices des Chefs & principaux Membres de la Ligue, qu’ils ne faisoienccas que de la grandeur & majesté du Roi d’Espagne, à comparaison'du-quei celui de France n’étoit presque rien estimé. Cette opinion precédoitd’une extrême ignorance de l’í listoire de ces deux Roïaumes, òc csautcesPais ausii. Or, pour témoignage du contraire, nous nous sommes avisésde joindre a u précédent Discours les deux suivans, esquels est traité am-plement de ces choses, dignes d être bien entendues de la postérité. CesDiscours furent publiés par un Catholique Romain peu auparavant lesEtats de Blois, & le commencement de la funeste guerre de la Ligue.Mais l’importance de telle matière, & i’Etac de la France, ont semblé re-quérir qu ils fuíseut représentés au Lecteur en cet endroit-ci.
LETTRE D’U N FRANÇOIS
Sur certain Discours fait pour la prejséance duRoi d’Espagne (1)
l"l 0 NSIEUR,
J’ai lu ce Discours Italien ,
(t) Le Discours auquel cette Lettre ré-pond, a été composé par Augustin Cranato :11 est en Italien , écrit avec tout l’arrifìcequi fait partie du génie de cette Nation &de ses Ecrivains. II fut débité publique-ment à Rome , & répandu avec profusionen France, fur-tout à Paris; & apprit auxbons Citojiens ce que la France avoir àcraindre des vûes profondes de Philippe II,Roi d’Espagne , qui, sous prétexte de laprcfTéance , à laquelle il prétendoit depuisiì long-temps fans succès , entreprenoit de-tablir, par l’Ecrivain qu’il avoir mis enoeuvre, que l’Eípagne est la source 8c lecentre du Christianisme en Europe , & parconséquent le premier Roïanme Chrétien.Cranato , servant le Roi d’Espagne à songré, parmi les Sophismes Sc les autoritésqui tendoifcnt à rétablissement de la propo-sition principale , avoir glisié des faits Scdes raifounemens , qui en attaquant de frontI autorité de la Loi Salique, tendraient à
Tome V,
que m’éci'ivcz venir de Rome ■
ouvrir - en faveur de la Branche d’Autriche ,établie en Espagne, un droit éventuel à laCouronne de France , dans le cas de l’ex-tinction de la Maison de Valois.
François Pìthou , Seigneur de Bierne ,Conseiller du Roi Sc Maître des Requêtesordinaires , frété de Pierre, ne comme luià Troyes le 7 de Septembre 1545.,.entrepritla réfutation de ce Discours l’exécutadans la Lettre que l'on donne ici, Sc quifur imprimée alors à Paris chez MamcrtPâtisson, imprimeur du Roi, cri 11 pag.i/z-8°. Elle est datée dans cette édition du9 Fcvrier 1 ;8K, non, comme on le meici, du 9 de Décembre de ladite année. Or.peut voir fur cela la vie de François Pi-thou , par M. Grostcy , Avocat à Troyes, àla fuite de la vie de Pierre Pithou, par lemême , in -11 , Tome II. p. 119 , Sc fuiv,M. Grostcy donne en cet endroit une trèsbonne analyse de cette Lettre.
V V V V