DE LA LIGUE. 7s>1
Cluse , lequel ils redressèrent Sc remirent en même état que de-vant ; la reprise leur aïant aussi peu couté , qu’elle avoir jette engrands frais satinée du Roi recueillie dedans Gencve , d’où puisaprès se firent quelques legeres sorties , esquelles toujours on at-trappoit Sc tuoit quelques Savoïards. Mais telles revcnchcs n’é-toient rien à comparaison des pertes reçues : au moïen de quoil'armée d u Duc poursuivant sa pointe , s’épandoit ès environ deGcneve , en intention de la réduire à sextremité.
Le Jeudi vingt de Mai , les garnisons de Thonon Sc autreslieux voisins pour le Duc , averties que trois barques parties deMorges , chargées de marchandises , vivres , Sc de quelquequantité de monnoie , le tout valant plus de cent mille florins,non compris ies carnets , livres de compte , paquets Sc papiersde conséquence apparrenans à plusieurs particuliers de Geneve,peu auparavant retournés de Francfort , voguoient lentementfans escorte , résolurent de les attrapper entre Rolle Sc Nycn ,à cinq lieues du Port de Genève. Embarqués en deux Fréga-tes Sc cinq petits Bateaux, au nombre de cent trente hom-mes ou environ , ils parurent en plein jour à demi lieue durivage. Découverts par le Seigneur Baillis de Nyon , on cou-rut incontinent aux armes, Sc le Colonel Diespach, suivi dequelques Cavaliers Sc Fantassins, s’avança vers Rolle; maisni lui , ni les autres de Nyon , qui couroient au secours , nefurent arriver fi-tôt, que les Savoïards plus habiles n’euífentdé j a saisi l’une des Barques, s’apprêrans pour avoir les deuxautres , où ils eussent trouvé petite ou nulle résistance. Pourexécuter plus sûrement, ils mirent en terre trente Arquebu-siers , à la faveur desquels ils prétendoient butiner à loisir ;mais voïans accourir de tous côtés gens à la rescousse, ilsquittèrent la proie, contens d'emporter quelques fromages Scvivres , à la valeur de trente écus, Sc laiíïans pour gages deuxde leurs Soldats tués fur terre, lisse retirerent en effroi ; maison ne put les poursuivre , faute de Bateaux propres. Geneveremercia ses Alliés de Nyon , du prompt secours par eux don-né à ce besoin.
Le Samedi vingt-deux , fut décapité à Geneve, pat Arrêtdu Conseil des deux Cens , le Capitaine N.... lequel , pour avoirmal gardé le passage de la Montagne, 6c commis autres gran-des fautes en fa Charge , avoir été occasion principale de feu-trée des Savoïards au Bailliage de Gcz, dont s’étoit ensuiviela perte du Fort de la Cluse , 6c la désolation du Païs. 11 avoic
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