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Evenï.wfnsen la Guer-re CONTREGENEVE.
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Le Mardi quatorze, les Savoïards parurent d u côté tl’Arve ,de Bonne , Lc de Chastelainc , brûlèrent quelques blés & mai-sons vers Lanci. Leur plus grand effort fut d u côté de Chafte-laine , qui regarde la Porte de Saint Gcrvais, surnommée deCorna-vin. Sur le midi on les découvrit en grostès troupes, quimirent le feu en plusieurs Villages, notamment au petit Saco-nai, à demi-quart de lieue de Geneve, lequel fut presque toutbrûlé. Ils approchèrent jusqu a la portée du Canon , 8c mirent lefeu en une aílcz belle maison , proche de la Ville. On les écartapar seize ou dix-huit coups d’une Coulevrine ; mais on ne sitsortie de conséquence contr'eux, crainte qu’une seconde pertene causât quelque trouble & danger dedans la Ville. Depuis cejour ils continuèrent de mettre le feu dans les autres Villages duBailliage de Gez, qui étoient encore entiers, Lc continuèrentjusqu’à la fin du mois, n’oublians pas ni près ni loin les Vil-lages de la Seigneurie de Geneve , 8c meurtrissans cruellementautant de pauvres Païsans qu'ils en pouvoient attraper.
D’autre côté , ceux de Geneve , ès sorties continuelles fairesen cc reste de mois, tuèrent quelques Espagnols , Italiens & Sa»voïards, çà & là, juíqu’au nombre de trente ou trente-cinq;mais ils prirent 8 c amenerent trois fois autant de Prisonniers ,tandis que leurs Ennemis diísipoicnt la moiston , continuoicntleurs saccagemens, 8c ne parloient que de se rendre bientôtmaîtres assurément de Geneve , 8c de tout le Pais circonvoisin,les Habitans duquel étoient réduits à fraïeurs , disettes 8c mortscontinuelles.
Au mois d’Août, plusieurs Capitaines 8c Soldats quittèrentGeneve, en intention de se jetrer en la Bourgogne, pour yêtre plus au large : la plupart y firent depuis pauvre fin. Un autre,après avoir beaucoup tournoie , finalement quitta le service duRoi, prit le parti du Duc , fit rude guerre à Geneve, qui l’avoictrop supporté en ses méchancetés, 8c pour reconnoiílance desbiens qu'il y avoir reçus, enleva d’icelle Ville une femme ma-riée , 8c depuis traîna une très méchante ame, jusqu’à l’an 1597 ,qu’en la guerre de Savoie il périt malheureusement. Somme, deceux qui eurent alors honte de Geneve en son affliction , 8c quiouvertement ou couvertement la persécutèrent, la plupart ter-minèrent leurs jours au lit de déshonneur 8c de confusion ; cequ’une Histoire générale pourra spécifier quelque jour en faveurde la Postérité.
Un notable personnage de Geneve , lequel faisoit travailler