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Gôujat, & le fit-on conduire delà l’Arve vers le Fort de Sonvi,pour y porter les nouvelles de la rencontre. J’ajouterai, qu’cn-tre les Capitaines conduifans l’Infanterie de Genève, celui quifit la premiere pointe , tua de fa main cinq Italiens & Sa-voyards , avant qu’ils eu Ile n t bien découvert qui c’étoit , tantil étoit dispos des pieds Le des mains. Aïant percé de part enpart un Sergent , comme il vouloit retirer son épée , la gardeLe le pommeau fe démontèrent, tellement que la feule allumcllclui demeura dans la main. S'étant fait donner une autre épéepar le premier Soldat ennemi qu’il rencontre , & ncl'aïant trou-vé aigrie, ni tranchante à son gré , il fe tint à fa lame , aveclaquelle il combattit un autre Sergent, lui 61 tomber fa halle-barde , puis lui fautant à la gorge , le tua à coups de poignard.Quoi fait, il fe jette dedans les vignes , gagne un cheval , &cpoursuit les Savoïards avec une nouvelle épée. Ses Soldats lesecondèrent valeureusement ; tous les autres firent très bien,combien que d u commencement quelques - uns cuíTent plusd’envic de taire retraite , que d’allcr à la charge ; mais la néccf-fité survenue la résolution des uns enflamma les autres. IIfe trouva dans les troupes vaincues un Moine portant une mas-se ; mais quoiqu’il fît du mauvais , on le mit au rang des tré-passés. Les Prisonniers lui rendirent ce témoignage , que c’étoicun des plus vicieux &. cruels de toutes leurs bandes. CertainCavalier de Gencve avoir quelques semaines paravant perdu foucheval en une charge; aïant en celle-ci reconnu son cheval en-tre les jambes d’un Capitaine ennemi , le luit courageusement ,tue de fa main ce Capitaine , gagne fe s armes , & ramène soncheval. Les Prisonniers ( dont j’ai ouï plusieurs à diverses fois)confeíïoient que la terreur de Dieu étoit tombée fur eux , dèsle commencement du combat, & que l’instrument d’icelle ter-reur fut la prompte résolution du Baron de Conforgien , &:l’allegreífe de ceux qui lui obéissoient. Que l’intcntion de celuid'Ermaníîe èc des autres Chefs ( lesquels avoient trop tôt chantéle triomphe) étoit de ne prendre aucun de Geneve à rançon ;ains que tous feroient tués fur le champ , réservé le Chef, dontl'on feroit un présent à la Duchelfe de Savoie. Mais inconti-nent après la premiere charge , leurs Lanciers fe jettoient deleurs chevaux à bas , pour fe fourrer dedans les vignes parmi lesgens de pied , où presque tous furent tués , n'aïant autres cui-rassés que leurs casaques : car ils préfumoient fi avant de leurbonne avanture pour ce jour-là, que de vingt il n’y en avoit pas
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Evenemens
EN LA Gl’ER-P.E C O N T R SGENEVE.