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Tome cinquième.
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D E L A L I G U E. 815

quebusiers Sc Mousquetaires vinrent íì brusquement à l’escar- " 1593.mouche, qu’en peu de temps, ils chassèrent les François hors evenemensd u taillis. Quant aux haies , barricades Sc maisons , elles ne su- E s n guer-rent gueres disputées. A la queue de ceux-là marchoicnt huit reco ntrbcens autres, qu’Olivarès conduiíit jusqu’aux haies , puis se re- GenEve>tira en son gros. En même temps Qui tri envoïa trois à quatrecens Arquebusiers, tirés des Régimens de Chantai Sc Saint Che-ron, pour soutenir les premiers, Sc les trois Compagnies dnBaron de Saint Rémi. Mais cela ne fut suffisant pour soutenirce gros d’Infantcrie que Dom Amédée Sc Olivarès avoient faitavancer, Sc qui gagnèrent tous les bois , fossés Sc barricades ,jusqu’au plus proche bataillon des Suisses. Là-deílùs , Sonnas,Tresfortôc autres Chefs, s’avancercnt pour soutenir leurs gensde pied , Sc passer outre à mesure qu’ils verroient leurs Fantassinsfaire progrès, lesquels aïant gagné jusqu’à la derniere haie,

Sonnas Sc autres s’assurerent tant de la victoire , qu’ils passerentla haie , pour entrer en la plaine. Si-tot que le Baron de Con-forgien les vit à demi passés (étant contraints daller à la file , lechemin étant étroit ) suivi de Cavaliers courageux , il les char-ge fi à props, que Sonnas Sc les plus assurés de fa fuite aïantété renversés morts par terre , les autres surent mis en route ,

Sc poursuivis de-là les haies , où le gros, qui devoir les soute-nir , ne repartit, ni ne se soucia de tenir ferme , ains quittala place. Ils furent suivis jusqu’au principal gros , où étoientAmédée Sc Olivarès, couverts d’un grand fossé, d’un heurt,

Sc d’une haie ; leur arquebuscrie fit une grande salve aux pour-suivans; il y en mourut deux , Sc six chevaux furent tués.

A u temps de cette charge, les Régimens de Chantai Sc SaineCheron donnerent dedans ces treize cens Arquebusiers ScMousquetaires susmentionnés. D’entrée , le conflit fut âpre ;mais quand les Espagnols Sc Néapolitains apperçurent leur Ca-valerie en route, ils commencerent à branler, Sc furent poussésdedans la plaine , où la Cavalerie en tua quelques-uns. Mais, àla faveur de leur gros qui étoit proche , Sc fur ce petit heurt ,qui va de Cranves à la Beigue , la plupart se sauva dedans lefolle qui est fur le bord du heurt, là où ils étoient tellement en-tassés , que le fossé en regorgeoit. Les plus haut de stature n’yavoient pas l’avantage , Sc qui savoit mieux bailler la tête , re-cevoir le moins de coups. Ce qui les garantit fut leur arquebu-ferie proche du folle , joint que leur gros, composé de trois mil-le piétons Sc de trois cens lances , n avoit encore bougé. Les