DE LA LIGUE.
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Avertissement.
qa’ils disent de Launoi & Charpentier requiert ce mot d’expofi-rion. Pierre Charpentier aiant par quelques années feint d’ètre de la Re-ligion Réformée , Sc fait publique profession du Droit civil à Geneve, oàÎ 1 fervoit à quelques Grands, Ennemis de cette Ville-là, chassé par famauvaile conscience, s’en retira d’heure , & fe trouvant en France du tempsdes massacres Fan 1571 , fut envoie pour Espion en Allemagne , où iLécrivit certain Libelle fameux, solidement réfuté lors par un docte Personna-ge (1). Depuis, comme la coutume des consciences cautérisées est d’em-pirer de jour à autre, Charpentier persévéra d’être ennemi de ceux de laReligion, Sc par ingratitude extrême, leur fit du pis qu’il put. Pour lecomble de ses iniquités, il prit le Parti de la Ligue, où il s’est maintenujjufqu’au bout , Sc tant que ses Maîcres ont subsisté. De ses Ecrits , ontire ès Discours précédons , de quoi faire le procès à la felonnie de lui Scde ses semblables. Matthieu de Launoi, jadis Ministre, pour se garan-tir du Gibet, par lui mérité, pour un très vilain Sc malheureux acte parlui commis , s’enfuit de Sedan à Paris, où il fe fit Prêtre, écrivit forceLivres , afin de justifier son apostasie, & fit tant enfin par ses journées ,qu’il devint Chanoine , finalement , archi Ligueur 5 c l’un des principauxMutins , surnommé les Seize. Ce qui a été extrait de ses brouillis , pieçasupprimés , découvre de plus en plus le jugement de Dieu dessus ce dé-sespéré, rebelle à Dieu & à son Prince, Sc dessus ses semblables.
Pour reprendre le fil des affaires de la Ligue : les Parisiens, étonnés de laréunion de M eaux au Roi, commenceront à s’adoucir ; Sc peu de jours aprèsle Procureur du Roi (1) au Parlement, encore possédé par la violence dela Ligue , fit en pleine Cour une longue Harangue , dont le sommaire futqu’il ne falloir plus tarder à reconnoùre le Roi , remontrant que ceux quivoudroient continuer ès premiers desseins , pouvoient bien faire étatde rentrer en plus grandes miferes que les passées, dont s’ensuivroit unetotale subversion. Le Duc de Mayenne entendant cela , Sc bailleurs dé-couvrant que le sieur de Belin, Gouverneur de la Ville , Sc autres fe las-saient de tant de désordres , fit ensorte que Belin se désaisit du Gouver-nement. Sur ce , le Duc de Ferla, Espagnol, se glissa dedans avec quelquesCompagnies Espagnoles, Wallonnes Sc Italiennes, pour garder au Roi d’Es-pagne celle qu’il appelloit fa bonne Ville ; aiant fourni de très grandessommes ( mais insuffisantes ) pour acheter un Joïau de si haut Sc ines-timable prix. Le Parlement, soucieux du repos du Roiaume , presse en di-
(i) La Croix du Maine dans fa Bibliothe- à François Portes Candiois.que Françoise, di r qu’on a attribué a Char- (1) C’ctoit Edouard Molé. Voïez ces faitspentier plusieurs Ecrits dont il n’étoit pas détaillés dans l’Histoire de M. de Thou, Liv.l'Auteur. On a réuni plusieurs de fes O ivra- 108, année IJ54.ges en J f 71, entr'aimes , la lettre adrejlée
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