DE LA LIGUE
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AvertìJjement.
Eu auparavant cet Arrêt, le Duc, averti'qu’on vouloir sapper sa Lieu-tenance , envoïa quérir en son Coche le Préiident le Maître , avec lequelaïant communiqué secrètement l'espace d’une bonne heure , toc après ilalla au Palais ; & entré en la Chambre , fit entendre à la Compagnie qu’il'venoit s’excufer à eux , de ce qu’il avoir été si long-temps fans les voir ;que ce n’étoit pas faute de bonne volonté ; qu’il vouloir bien leur rendrece témoignage , qu il les avoir toujours grandement honorés ; de fi roi t ser-vir au Parlement t au reste , les assuroit que ces impressions , qu’on avoirvoulu leur donner de lui, n’étoient point véritables ; qu’il n’avoit jamaiseu volonté de capituler avec les Espagnols , comme n’avoit encore. Quepour le regard du sieur de Belin , e’étoit lui qui vouloir abandonner laVille, & qui avoir demandé d’être démis de fa Charge, dont ledit sieurde Maïenne étoit fort marri, damant que c’étoit un Gentilhomme d hon-neur , & duquel il avoir beaucoup de contentement. Là-dessus il insistoitque la Cour ne délibérât plus avant fur cette affaire. S’étant retiré, tants’en fallut que fa Harangue divertît la Cour, qu’elle continua son Assembléejusqu’à une heure après midi. Le Conseiller Coqueíey (ì) soutint en sonopinion que le fait de Meaux avoir été généreusement exécuté ; que sile sieur de Vitri eût fait autrement, il méritoit d’être déclaré Traître à saPatrie : prouva son dire par allégation de plusieurs exemples tant anciens
3 ue modernes. La Cour conclut que remontrances seroient faites au Duce Maïenne, pour le supplier de retenir le sieur de Belin. Suivant quoi ycertains Députés (i) allerent trouver le Duc, lequel fit réponse qu’ils ve-noient trop tard , & que le délogement du sieur de Belin étoit arrêté ,à quoi il ne pouvoir remédier. Le lendemain la Cour s’assembla pour aviserà cette réponse , & arrêta que le Duc seroit supplié derechef d’arrêter Be-lin , ou décharger les Présidens & Conseillers de leurs Offices , leur per-mettant de quitter les longues Robbes & Chaperons, pour chasser les Es-pagnols hors de Paris. Le Duc aïant fait l’oreille sourde, s’ensuivit l’Arrêcsufmentionné.
Cet effort du Parlement mit le Duc en nouvelles pensées, qui accrurent;j joignant les Lettres qu’un des.plus grands de son Parti lui avoir écri-tes douze jours auparavant, ainsi que s’ensuit.
(i) Lazare Coqueíey. M. de Thou dit (z) Ce furent les Présidens André de Hac»que ce Magistrat, de même que Pierre d’A- queville & de Neuilly avec plusieurs Con»mours & Guillaume Duvair, se signalèrent leillers. Antoine Hennequin d’Assy , Prési-en cette occasion , par une solidité de juge- dent des Requêtes , étoit aussi dccette Dé^ment & une fermeté digne des plus grands pu ration.
Magistrats,