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Tome sixième.
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DE LA LIGUE. ) 7

îa réponse du Roi suc qu’il ne vouloir point traiter avec le Duc de Mayennecomme Chef de Parti. Que s’il demandoit pardon à son Souverain , il le’recevroit pour son Parent & Allié. Les Villes Ligueuses firent des Traitésà part, eurent chacune leur Déclaration , obtinrent beaucoup plus qu’on nepensoic. Autant en faut-il, dire des Particuliers , qui en grand nombre ap-prochèrent du Roi, lequel les reçut benignement, les rétablit en Chargespour la plupart, Sc mêmes fut libéral à l’endroit de plusieurs , tandis queses Serviteurs Sc Sujets de la Religion demeuroient à découvert, rebutésindignement, Sc iniquement traites en plusieurs Provinces.

Restoit la principale piece ; à savoir, Paris, laquelle fut réduite à l’o-béiífance du Roi, par le moïen des intelligences qu’il avoir dedans avecle sieur de Belin , Gouverneur , le Comte de Brifiàc (i) & autres , le vingt-deuxieme jour de Mars ; le Duc de Mayenne aïant troussé bagage quelquesjours auparavant, pour se retirer à Solfions. 11 y eut quelque résistance àla Porte neuve de certains Lansquenets qui furent taillés en pieces ; Sc d’un-Corps-de-garde de Ligueurs vers le Palais, auxquels on donna bien-tôt lachasse. Les Napolitains firent contenance de prêter combat, refusans decapituler, si ce n’étoit par la permission du Duc de Feria Sc Dom Diegod’Êvora, leur Général. Ils accepterent tôt après, fans résistance , le partique la bénignité du Roi leur offrit, comme à leurs Chefs ; à savoir , quetous poferoient les armes Sc sortiraient dagues sauves dehors de la Ville ,pour être conduits sûrement hors du Roïaume , vers la Frontière de Pi-cardie , après avoir promis au Roi de ne porter jamais les armes en Francecontre son service. Ce fut une chose remarquable , que quatre mille hom-à pied Sc à cheval, entrés les armes au poing dedans ce Monde de

mes,

Paris, imposassent en moins de rien silence à la Ligue, gardassent si bienTordre à eux prescrit, Sc parussent si obéissans, qu’on ne vit aucun Sol-dat se débander pour faire excès ni violence quelconque ; que nul Bour-geois ni Habitant ne fut endommagé ni tant soit peu offensé en son hon-neur ni en sa personne, ni en ses biens ; que coût le Peuple se mêlaincontinent parmi les gens de guerre Sc autres entrés avec le Roi, enroute telle privauté , comme s’ils eussent toujours demeuré ensemble , fai-sant retentir les rues de cris de joie Sc de merveilleuse allégresse, au-tant que s’ils fussent échappés des mains d’un Bourreau , pour revoir laface de leur pere Sc de leurs meilleurs amis. Les troupes du Roi entrerencà quatre heures au matin , Sc deux heures après les boutiques furent ou-vertes , la Ville paraissant aufiì paisible , comme si changement quelcon-que ne fût avenu. Toute la peine qu’eurent les Serviteurs du Roi, fut deretenir le Peuple , qui ne demandoit que d’être lâché contre les Espa-gnols , Napolitains Sc Wallons , au nombre de neuf cens ou environ ,pour les mafiacrer , les appellant la cause de tant de miseres pafiées. Tousles Temples retentirent puis après de chants Sc remercîmens accoûtumésen cette Ville-là, comme en très agréable nouvelle. Atjtant en fut entous autres endroits de T obéissance du Roi, Sc même en divers lieux hors

(i) Charles de Cossé , Comte de Brissac. Après la retraite forcée du Comte de Belin ,gouverneur de Taris, le Duc de Mayenne le nomma à cette place.

Tome VIi H

1594