D E L A L I G U E. n 5
ce coup tous ensemble , l’affection que nous avons au nomFrançois. Que ce mot de Ligue Sc d’Union soit pour jamaisoublié, Sc que nous soïons maintenant tous unis au service denotre Roi. Qu’on ne parle plus que de François Sc d’Espagnols ;ce n’cst point une guerre nouvelle, nos Pcres Sc nos Aïeux ysont morts, après avoir tant de fois couvert les campagnes descharognes puantes de ces Castillans ; defquels si l’avarice Sc in-satiable cupidité d’avoir Sc de dominer ne peut être arrêtée pat*douze cens lieues de mer, comment pensons-nous que ni aïantrien entre nous Sc eux sinon , la longueur de nos épées , qu’ilsne remuent le ciel Sc la terre pour s’efforcer de nous assujettir ,comme le Portugal, où à la vue de toute la Chrétienté , ce RoiPhilippe a commis un public chef d’œuvre d’insigne tyrannie,dépouillant un Roi très Catholique de fa terre Sc de son héri-tage , Sc s’emparant de tout un Roïaume , fans effleurer feule-ment fa piété , fa dévotion Sc fa charité Chrétienne. Vous ,Messieurs , qui êtes nés François, qui en parlez encore le lan-gage, ne craignez point tant ( s’il en est besoin ) le péril de lamort en combattant contre ces mutins un quart d’heure , quevous n’appréhendiez encore davantage la servitude horrible ,en laquelle vous allez tomber par votre pusillanimité. Regardezla mifere.de ceux de Reims, du sang defquels on cimente cettegrande Citadelle bâtie dans leur Ville. Ne vous attendez à riende plus doux : ils connoissent le naturel du François , qui atoujours au cœur des étincelles de l’arnour envers son Roi , les-quelles tôt ou tard allument un grand feu qui perd Sc consom-me les desseins des Etrangers. Ne doutez point qu’ils ne vousmettent bientôt en tel état, qu’il ne fera plus en votre puissmeede vous remuer : vous voïez où vous en etes quasi déja réduits.Considérez les essets de la belle résolution que nous avons priseà Lyon Sc à Orléans, voïez le contentement Sc le comble detout bonheur auqueî nous nous trouvons maintenant, Sc com-bien vous êtes proches de recouvrer votre liberté entierc , sivous voulez sortir en rue comme serviteurs de votre Roi ; voïezle peu de résistance que nous ont fait tous ces voleurs Sc pil-leurs de maisons ; appréhendez à bon escient les miferes quipendent fur vos têtes , la nécessité qui croît chacun jour parmivos Villes , Sc le juste courroux de tous les François résolus devous perdre ; puisque comme le lierre vous vous attachez telle-ment avec l’Efpagnol , qu’on ne peut séparer fa ruine de lavôtre. Enfin dessillez les yeux Sc vous souvenez que toutes les
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Feux deiOie.