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i 4 3 MEMOIRES
jourd’hui lié dans leur Collège de Bourges (i) ? Un ancien dî-soic que lì on pouvoir regarder dans les esprits des méchans ,on y verroic laniatus & ìcius : quando ut corpora vulmribus , itciJkvitni , libidine , & mail s confilus animus dilaceratur.
Loríque le Roi Philippe aïant fait entrer , par les persuasionsdes Jéíuites, fa Garnison Espagnole dans Paris , voulue avoirun titre coloré de ce qifil tenoit déja par force ; qui y envoïa-t-il, sinon Pcre Matthieu Jésuite (i), portant un nom sembla-ble au surnom de l’autre Matthieu Jésuite , principal instru-ment de la Ligue en Tannée mil cinq cent quatre-vingt-cinq?Ce Matthieu,.en peu de jours qu’il demeura en cette Ville , lo-gé dans le College des Jésuites , y fit écrire Sc signer la lettre ,par laquelle ceux qui se diíoicnt les Gens tenant le Conseil desseize quartiers de la Ville de Paris , donnoient non seulementla Ville , mais tout le R chaume au Roi Philippe. Ce qui seconnoîtra mieux par la lecture de la lettre , que tout autre dis-cours.
„ Sire, Votre Catholique Majesté nous aïant été tant bénigne,n que de nous avoir fait entendre par le très Religieux ScRévé-„ rend Pere Matthieu , non-seulement ses saintes intentions au,, bien général de la Religion , mais particulièrement ses bonnes,, affections Sc saveurs envers cette Cité dc Paris.. Et après, nous„ espérons en Dieu qu’en bref les armes de Sa Sainteté , Sc de„ Votre Catholique Majesté, jointes., nous délivreront des op-„ pressions de notre Ennemi , lequel nous a jusqu’à présent , Sc„ depuis un an Sc demi , bloqués de toutes parts , fans que rien„ puisse entrer en cette Cité qu’avec hasard , ou par la force des„ armes ; Sc s’essorceroit de passer outre , s’il ne redoutoit les„ Garnisons qu’il a plíì à Votre Catholique Majesté nous ordon-„ ner. Nous pouvons certainement assurer à Votre Catholique„ Majesté , que les vœux Sc souhaits de tous les Catholiques„ font de voir Votre Catholique Majesté tenir le sceptre de cette„ Couronne Sc régner sur nous , comme nous nous jettons très„ volontiers entre ses bras , ainsi que notre Pcre ; ou bien qu’elle
(i) Pigenat mourut dans la maison desJésuites de Bourges , étant fou Sc furieux.Voïcz Etienne Pafquier au Chapitre 2.0 dutroisième Livre de ion Catéchisme des Jé-suites,
(i) Le Pere Mainbourg, qui a été Je-
£ ite , Sc qui est mort après avoir quitté laciété , nie dans son Histoire de la Ligue ,
que ce Matthieu , porteur de la Lettre doncon parle ici, ait été Jésuite. Et Pierre Bar-ny, qui a répondu pour ses confrères, auPlaidoïer de M. Arnauld , soutient ( page34 ) qu’il n’y a point eu deux Pere s Matthieu;& que celui qui est mort à Anconne étoitReligieux Mendiant, & non Jésuite.