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Tome sixième.
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1594 -

Plaido'íerr> f m. Ak-

NAULD.

iRo MEMOIRES

Il a chaste de Paris la garnison Espagnole armée ôc ouverte íchaíTcz , Meííieurs , la couverte 8e secrette ; chaílez celle qui xfait entrer l’autre, qui l’a fait demeurer silong-tems, 8c quil’al loit faire redoubler , s’ils euíïènt encore eu un paíïàge furl’OUe, lorfqu’ils vinrent jufqu’à Beauvais. Venit tempus, sériasomn ino quàm dignum nomine Francico finit , fed tamen ita matu-mm , ut differri jam hora non pojjit. Considérez , s’il vous plaît,Messieurs, où vous en êtes venus. Vous avez déclaré le Duc deMayenne criminel de lcze-Majesté , 6e le Tyran d’Efpagne yceux qui le soutiennent joignant leurs armées aux sennes ,ennemis communs de la Chrétienté : c’est un beau mot. Curateut virifuis , & cogitate, quem in locum fitis progrejfi. Vous leuravez arraché la Ville de Paris, qu’ils penfoient avoir assujétiepour jamais à leur domination. Ils n’ont regret de rien tant anmonde , que de ce qu’ils ne vous ont ôté la vie à tous, nuncomnes uno ordine habent. Une autre fois il ne vous faudroitpoint de Bastille , le tombeau feroit votre Bastille , encore nefais-je s’ils vous l’accorderoient. Dieu a mis aujourd’hui én votrepuiílance «Tachever de rompre pour jamais toutes les pratiques 6 Ctoutes leurs intelligences : ils penseront avoir perdu deux batailleslorfqu’ilsfauront que les Jésuites font chastes hors de France. Nelaiíïcz point,Meilleurs, écouler cette belle,cette prompte occasionde vous délivrer de ceux auxquels les lettres ne fervent ( nonplus qu’à Caracalla ) que d’instrumens propres à mal faire. Chasfez ces gens ici, qui n’ont point de pareils en toutes fortes deméchancetés, tam acres , tam paratos , tam audaces , tam calli-dos , tam in ficelere vigilantes , tam in perditis rébus diligentes .Contre lesquels , quand vous vous leverez , Messieurs, pour opi-ner , fouvenez-vous , je vous supplie, combien fera douce lapeine de l’exil à ceux qui ont tant de richesses en Espagne , enItalie 8c aux Indes; au lieu qu’en l’a n 1530, ils n’avoient qu’unepetite pension , qui leur étoit envoïée d’Efpagne, ainsi qu’eux-mêmes le témoignent. Souvenez-vous aulsi, s’il vous plaît, de la

f ierte de vos parens , de vos amis 6c de vos biens , de la défo-ation de tant de Païs, de la mort de tant de grands Capitai-nes , de tant de généreuse Noblesse, de tant de braves Soldats ,emportés par la fureur de nos guerres , qu’ils ont toujours échauf-fées , comme ils font encore aujourd’hui. Et ne doutez nulle-ment que purgeant la France de ce poison , il ne lui adviennecomme aux corps qui fe remettent en meilleur état par longuesLc grieves maladies, qui leur donnent une santé plus enticre &