DE LA LIGUE. ior__
Je ne puis en ce lieu pastèr légèrement Pautorité de Sigebert, 1594.que j’ai alléguée;il faut que son texte frappe Pesprit de tous les Plmdoïf-*François, Le qu’il y demeure à jamais engravé. Voici ce qu’il » E DoLL *'dit furl’an 1088 , parlant des distensions du Pape Urbain 8 c del’Empereur Henri : Hinc in Ecclesa scandala , & in regno au-gejeunt dijjîdia , dum alter ab altero dtsjidet , dum regnum & fa-cerdotium difsentit , dum alter alterum excomrnunicat , alter alte-rius excommunicationem , aut ex caufœ aut ex personce prejudicio ,contemnit : dttmque alter in alterum excommunicandi automatemagis ex fuo libitu , quàm ex juflitice respecta abutitur , autori-tas illius qui dédit potefiatem ligandi , acsolvendi , ornnino des-picitur. Nimium , ut pace omnium botiorum dixerim , hccc solo.novitas , non dicam hcerefis , needum in mundo emerserat , utsa-cerdotes illius , qui dixit Régi apofiata , & qui regnare facit hypo-critam propterpeccatapopuli , doceant populum, quodmalis regibusnullam debeant fubjeclionem , & licet eis sacramentum fidelitatisfe-cerint , nullam tamen debeant fidelitatem , necperjuri dicantur qui ,contra Regem fenferint , imo qui Régi paruerit , pro ex communie atohabeatur , qui contra Regem fecerit à noxa injufîitice & perjuriiabfolvatur. Cet Auteur a prophétisé pour notre siecle , où Pam-bition a causé le schisme enl’Eglise, Lc le schisme entretientmême entre les Catholiques, le mépris des principaux Ministresde l’Eglise , &C ne finira ce désordre , que par la fin des entre-prises qui se font au gré d’un Usurpateur de Roïaumcs. II mesouvient d’avoir lu, que L. Metellus Pontifex Maxim. A. Pofi-thumium confulem , quoniam idem & Flamen Martialis erat , cùmille ad bellum profifei vellet , in urbe tenuit , nec pajj'us efl à jacrisrecedere. Voilà une belle leçon écrite aux Ecclésiastiques, 8 centre tous fummo noflro Pontifici , qui fera révéré en Franceplus qu’en lieu du monde , quand il aura foin des choses spi-rituelles, ne touchera point aux temporelles , retiendra les gensd’Egliíe en leur devoir, necpatietur eos à facris recedere. Maistandis que nous serons en ces divisions, il faut éloigner de nousnon-seufement le mal, mais auíîî la crainte, qui se représenteratant 8 c si longuement que nous endurerons de gens si mal af-fectionnés , & quorum fceleri ac furori non mens , aut timor , fedfortuna reipublicce obflitit, comme nous avons trop éprouvé.
Voilà , MM. les premieres raisons qui nous font reprouvrer lesJésuites,qui ne touchent point à leurs actions,comme nous avonsdit, mais aux inconvéniens qui peuvent survenir de leur ordre. Jecrois que ceux qui les favorisent, seront bien empêchés de lerTome VI. C c