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PlaidOïerfii M. DoLLÉ.
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Mais
foie
MEMOIRES
ais , difent-ils , au pis aller , il n’y a que Varade íeul qui cilic punissable. Quoi? faut-il donc attendre qu'ils aient fait tuerautant de Rois qu’ils font, pour les chasser tous? Le forfait cst-ilréparé par le bannissement d’un seul ? Les Perses font bien plusféveres en la punition des grands crimes, unius ob noxam totetpropinquitas périt ; mais il ne les faut pas suivre en ce fait. Carce n’eít pas Varade seul qui a failli, c’est un crime communde leur Société, c’est un article de leur Doctrine, qui a ressuscitéles artifices du vieil de la Montagne. II y en a peu d’entr’eux quine soit du même avis qui n'ait eu part à ce deílein : ils iso-lent rien faire de leur tête , Jì quìd mohuntur , capita conferunt.Cela fe peut juger par le sujet des fermons qu’ils faifoient aumême temps. On vous a récité les souhaits ordinaires que Com-molet faifoit d’un Aod : j’ajoute qu’environ le temps que l’af-faílìn devoit faire son coup, il encouragcoit les séditieux de nefe point relâcher, & après leur avoir fait entendre par ses gestesmimiques , qu’il fe tramoit quelque chose , il les prioit d’attcn-dre les nouvelles de l’cxécution , ne leur pouvant déceler le con-seil. Ceux qui conféreront de temps de fes prêches & de l’cxé-cution du traître, feront un assuré jugement de la complicité.Mais je crains que la multitude des impostures, dont lui & fessemblables entretenoient le Peuple abusé, ne faste perdre lesarrhes de ce fait à plufieurs. Car que n’ont-ils prêché , de quelsmensonges n’ont-ils contaminé la chaire de vérité ? II semble queceux de cette Secte soient les mauvais génies du Peuple , qui lesuivent toujours pour le tourmenter. A peine les enfans font-ilsnés , qu’ils corrompent leurs jeunes esprits par l’imprefíion deleur mauvaise doctrine , laquelle ils entretiennent puis après parleurs prêches & confessons, par le moïen dcfquelles ils trou-blent tellement les consciences, qu’elles n’ont un seul moment<le repos , si on ne fait ce qu’ils ordonnent. Je fuis d’accordavec ceux qui les louent, &í disent qu’il y aentr’euxdes hommesdoctes & de grand jugement: c’est ce qui nous met en peine;je crains un ennemi sobre , je crains un ennemi sage Le qui a dela réputation parmi le Peuple : il n’y a rien de plus aisé à vain-cre ; si vous avez gagné son oreille, vous gagnez son cœur:l’éloquence, voilée de Religion , est un grand charme pour en-sorceler les foibles jugemens. C’est pourquoi Photius , en sonNomocanon , dit, qu’il étoit étroitement défendu aux Prédica-teurs d’émouvoir le Peuple par leurs prêches. L’Histoire du tempsde Charles sixième, que l'on nomme la Chronique des Ursins,