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Tome sixième.
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zoS MEMOIRES

' j C 04 Ce qu’il ne faut pas attribuer à leur valeur ; car ils ne font en'.. rien comparables aux Anglois ni aux François, auxquels ilsdeM^ollí. doivent encore le rétablissement de leur Couronne , pâlie troiscens ans ; mais cela provient de l’adresse qu’ils ont à semer desdivisions parmi nous , Lc à les entretenir par la dextérité de leursPartisans & Pensionnaires , comme font les Jésuites , qui ontdérobé la clef des consciences du Peuple , pour en disposer àleur discrétion , & lui faire croire tout ce que bon leur semble.Ib attaquent les hommes par la plus scrupuleuse Lc dangereusepartie de leur esprit, qui est la conscience ; il les battent del’opinion de Religion, & les surprennent lorsqu’ils s’adressentà eux , qu’ils leur découvrent leurs plus secrettes pensées, qu’ilscherchent du conseil & de la consolation. Un esprit qui entreen soi-même, qui examine ses fautes , qui remarque son infir-mité , qui minute déja sa condamnation , est contrit &. abattu,& tout ainsi qu’u n malade oseroit à peine outrepasser les réglésde son Médecin.

-Ferrum padetur & ignés,

Arida nec fuiens ora levabit aqua :

Ainsi est-il aisé d’imprimer des opinions étranges en une ameétonnée, & y semer de l’impiété au lieu de Religion. 11 n’estpoint de plus dangereux empoisonneur que le Médecin. Lasuperstition est une furie perpétuellement attachée à la cons-cience des ignorans ; elle ne les laisse point reposer, & leursuscite des imaginations horribles , comme à ceux qui font poíïe-dés de rhumeur mélancolique; telles gens font faciles à per-suader , pareeque leur crainte immodérée éblouit leur jugementêc les empêche de discerner la vérité entre les impostures. UnSpartiate se voulant faire agréger en une Confrérie, le Prêtrelui demanda quel étoit le plus grand péché qu’il eut commis ?Dieu le fait, répondit-il ; & comme le Prêtre insistent, qu’il ledevoit confesier à Dieu de fa bouche , il lui dit qu’il se retirâtdonc d’auprès de lui, & qu’il n’avoit que faire de témoin. Cetteréponse est pleine d’erreur, d’ignorance Païenne , &c nous quisommes nourris en l’école de piété , savons de quelle main ilfau t embrasser la planche après le naufrage ; mais toutesfois nouspouvons en tirer une instruction , qu’il importe grandement quenous n’aïons autres arbitres de nos consciences, que ceux qui enOnt la charge , §c dcsquels la probité nous est bien connue. II

n’est