DE LA LIGUE. iz 9
Er ne faut point que les Corps desdites Villes & Communau-tés cn esperent avoir meilleur marché. Car aïant une fois reçula Ligue , elles font par même moïen obligées d’obéir auxChefs & Directeurs qui leur feront ordonnés , &c en cas de re-fus j exposées au ban de rébellion. Choisisiènt lequel elles vou-dront ; c’cst chose notoire qu’en obéissant, elles feront à toutesheures sujettes à saccagemens par les artifices de leurs Gouver-neurs , & n’y peuvent non plus faillir qu'a fait la Ville d’An-vers aux Espagnols ; Lt fi elles refusent l’obéisiance , tous lesConjurés seront convoqués &: halés pour leur courir fus, 6cavoir part au butin de la Ville , qu’ils nommeront rebelle.
J’ai suivi jusqu’à présent les principaux Chefs des membresde la Ligue , lesquels j’ai trouvés remplis & prévenus de trèsdamnables discours òí propositions. Les uns aíTuroient de vieau feu Roi, suivi du défaut en ligne masculine de leur race,
condamnant les aînés de Bourbon , comme Prêtres , Héré-tiques, & Meilleurs de Montpeníier comme inutiles & fai-néants ; les autres mettant en délibération de laquelle des filleson sc pourroit le mieux couvrir ; savoir, si on admettroitla re-présentation en l’aînestè, ou s’il ne seroit pas meilleur que leprincipal desdits Chefs , se trouvant veuf , épousât la plus pro-chaine survivante ; mais ce qui plus m’a navré le cœur , c’étoicde voir assigner leurs dettes , qui fur un Marchand , qui fur unautre, & aílèoir la recouse de leur prodigalité íur l’espérancedu butin des meilleures &C principales Villes du Roïaume , ycomprenant celle de Paris , fans relérve ni respect de l’Eglise ,ni de veuves ni d’orphelins.
Quel moïen donc , dira quelqu’un , nous pourrons nous gar-der pour obvier au destin de tel embrasement, puisqu’il nousest préparé , soit en acceptant ladite Ligue , soit en la refusant ?Le moïen vous en est astez facile , si vous en avez la volonté : Lcvolonté vous en viendra , s’il reste encore au milieu de voustant soit peut de loisir pour en délibérer. Ce qui vous fera denon moins facile exécution , si d’un commun accord vous dé-clarez en Corps de Ville que vous ne voulez plus adhérer niparticiper à une si pernicieuse conjuration ; 8c si celles qui se serontlaiílees persuader, révoquent leur premier avis , pour sc rallieravec les autres Villes mieux conseillées. Je vous ai ci-devantdéclaré le plus brievement que j’ai pu les raisons qui vous doi-vent inciter à ce faire, & le ferez si êtes bien conseillés : sinon& ou la ruine totale du Roïaume seroit si prochaine , que fut
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Avis et Ab-jurât. n'uwLigué.