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Proce’s deChastel..
rzr, MEMOIRES
Jean Chastel, natif de Paris, Ecolier, nourri & élevé au Col-lege des Jésuites^ âgé de dix-neuf ans, étant entré au Louvre,approcha de Sa Majesté , Sc comme elle fe baiíîoit pour em-braíïèr un Gentilhomme affectionné à son service, qui lui fai-scit la révérence, il lui donna un coup de couteau dans labouche, qui lui coupa la levre d’cnhaut (i), & s’il n’eût ren-contré les dents , eût outrepassé ; puis tâcha de fe sauver , aïantjetté le couteau par terre : mais il fut pris par un des Capitaines desGardes. Ce que Sa Majesté, pleine de clémence , aïant apperçu,commanda à celui qui le tenoit de le laisser , disant qu’elle luipardonnent. Et après avoir entendu que c’étoit un Ecolier en-seigné par les Jésuites , Sa Majesté dit alors : « Falloit-il donc„ que les Jésuites fussent convaincus par ma bouche « ? Le parri-cide, surpris, du commencement nia le fait, puis le contesta,Sc fut mis entre les mains du Prévôt de l’Hôtel Sc mené èsprisons du Fort-l’Evêque , où étant interrogé qui il étoit, pour-quoi il étoit en prison , s’il n’avoit pas attenté un parricide furla personne du Roi, comment il i’avoit frappé, <5c si le cou-teau étoit empoisonné? Le serment de lui pris, dit qu’il étoitEcolier, Sc avoit été constitué prisonnier pour avoir voulu tuerle Roi, lequel toutesfois il n’avoit que bleíle ; qu’il avoit déli-béré exécuter cete entreprise en quelque sorte que l’occaíîon sefût présentée , avec un couteau qu’il avoit sans fourreau dedansfa manche, entre fa chair Sc fa chemise , Sc avoit frappé SaMajesté au visage , parcequ’ellc s’étoit baissée , Sc que le couteaun’étoit empoisonné, au moins qu’il fût, & que c’étoit un cou-teau commun, duquel on fe servoit ordinairement en la mai-son de son pere. Que son intention avoit été par plusieurs fois detuer le Roi à la premiere commodité qui fe présenteroit. Quece soir voïant paílèr plusieurs chevaux Sc hommes de pied avecflambeaux Sc torches, étant, lui répondant, en la rue SaintHonoré , au bout de la rue d’Austruche, il demanda à un Gen-tilhomme ou autre qui étoit-là , lequel étoit le Roi : surquoi ceGentilhomme lui auroit montré un qui avoit des gants fourrés,lequel il lui dit être le Roi ; Sc dès-lors il auroit continué à exé-cuter ce mauvais dessein , le suivant jusqu’en une des chambresdu Louvre , dans laquelle il lui auroit donné le coup de couteau
(i) Et non la mâchoire inférieure , com-me on le lit «dans M. de Thou; ce qui est,fans doute, une faute d'imprestìon , n'étantpas probable que ce célebic Historien, quiétoit à la Cour , 8c fort attaché à Henri,
ait ignoré en quel endroit Chastel blessa cePrince. Chastel étoit fils de Pierre Chastel ,riche Marchand Drapier à Paris , demeu-rant auprès du Palais.
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