Prise d eBeaune.
288 MEMOIRES
chias , Leontidas 6c Philipus traîtres 6c méchans Citoïens , Scpar ce moïcn la Cité aíïèrvie , 6c l’Etat dc la République chan-gé , fut contraint fe sauver de vitesse à Athènes , avec An-âroclidas Lc plusieurs autres, où il ne ceíla premierement d’ex-horterfes compagnons bannis, tantôt en commun , tantôt enparticulier à recouvrer la liberté ; leur remontrant que ce ne se-rvit pas seulement lâcheté, ains méchanceté 6c crime de leze-Majesté divine à eux , s’ils enduroient que leur Pais demeurâten telle servitude , 6c que des Etrangers y tinssent garnison,pour les faire ploïer sous le joug, pendant qu’eux se contentantde sauver leurs personnes , 6c mettre leurs vies à fureté , demeu-reroient oisifs à Athènes , attendant ce qu'il plairoit aux Athé-niens ordonner d’eux, 6c partant qu’il falloit tout hazarder pourchose de si grande conséquence ; en après de solliciter C haro n ,Epaminondas , 6c les autres gens de bien qui s’étoient tenuscouverts en la Ville , d’entendre à quelque bonne résolution ,pour fe dépêtrer des Tyrans , si bien que la partie faite 6c 1cjour donné, Philidas aïant trouvé moïcn dc sc faire Secrétairede Philipus 6c d’Archias , pour découvrir leurs conseils 6c lesdétourner, 6c Charon promis de donner fa maison pourl’as-semblée, 6c pour y recueillir ceux des bannis qui viendroientde dehors , Pelopidas, lui douzième, sorti de Thriasium : aïantapproché la Ville en habit de chasseur , sur la nuit y entra * oùlui 6c ses compagnons, après avoir été quelque temps cachésdans cette maison de Charon , sans s’étonner de deux ou troisallarmes qui leur furent données coup fur coup , par les avis deleur entreprise que reçut d'Athènes 6c d’autres endroits Ar-chias, 6c lans se mettre au devant le péril qui leur pouvoir ad-venir de ce Château 6c Cadmée , tous résolus à la mort , 6cnon à la vie , pour l’exécution d’un si bel exploit, sortirent lesarmes au poing , 6c départis en deux bandes , allèrent les unsdonner en la maison d’Archias , qu’ils tuèrent comme il étoitencore à la table, les autres en celle de Léontidas, où ils curentquelque peu plus de difficulté , mais qu’ils tuèrent auffi avec tousceux de fa compagnie : 6c cela fait fe rassemblèrent , 6c forti-fiés d’Epaminondas, 6c de Gorgidas , commencèrent à crierpar la Ville , liberté, liberté , armant ceux des Bourgeois quife venoient rendre à eux, des armes 5c dépouilles des Tyransennemis ; qui sit que la Ville fut incontinent fans desiùs des-sous , pour l’effroi pleine de tumulte 6c de bruit, avec des lu-mières par tout } jusqu’au matin, qu’arriverent de l'Attique sur le
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