DIE LA LIGUE. 191
cette Ville de Bcaune enfemblemcnt entendus, résistèrent cetteVille Sc Château à ces premieres entreprises Sc fureurs , de forteque la perte y fut barrée au Duc de Mayenne & à ses Parti-sans , Sc ouverte aux gens de bien Sc bons serviteurs de Sa Ma-jesté , jufqu’à la prétendue pacification faite à Efpernai, parlaquelle le feu Roi importuné , ains forcé par les armes de cesConjurés, leur abandonna cette Ville, entr’autres de la Bour-gogne , pour leur fureté , Sc fit sortir du Château le sieur de Ri-ran, qui vint néanmoins prendre le commandement de fa pro-
Î »re bouche , avant que de le rendre en la Ville de Paris. A11ieu duquel sieur de Saint Riran , met le Duc de Mayenne pourcommander en ce Château, le sieur de Montmoyen, l’un de fesMaîtres-d’Hôtel, né de la Ville de Dijon, mais plus affectionnéau service de son particulier Maître, qu’au bien de son Païs,ce qu’il a montré en toutes fes actions. Mais entr’autres , en ceque des principaux Habitans de cette Ville aïant voulu traiteríecrettement avec lui, de la réduction de ce Château , leur aïantfait entendre tout plein de bonne volonté , Sc touché grandesomme d’argent d’eux, à cet effet, les trompa, les prit prison-niers la plupart, Sc après’les avoir tenus longuement, & avec ex-trêmes rigueurs Sc duretés, les mit à des rançons insupportables,moïenant lesquelles ils furent délivrés. Sur quoi n’est à obmet-tre une insigne perfidie dont ií usa , en ce que jpour fe mieuxaffermenter à eux, leur dit qu’il vouloit faire fes Pâques , 8 c re-cevoir le corps de Jefus-Christ avec eux , jurer fa promeffe furce même corps , à l’exemple des grands fermens , qui fe fai-foient avec ces grandes folcmnités. Ce qu’il fit , mais pour élu-der ce sien ferment, il donna le mot au Prêtre de ne consacrerpoint l’Hostie qu’il lui bailleroit : taillant ainsi & cousant de ceSaint Sacrement de l’Autel * 8c en s’en jouant , pour preuve defa catholicité ; comme fit ce Jacobin qui consacra PHostie qu’ildonna à l’Empereur Henri VII, de la Maison de Luxembourg,d’un poison dont il le fit mourir , quelque temps après ; pour-quoi furent exterminés de toute la Toscane, Sc autres lieux d’I-talie , les Jacobins. Dont les Habitans non réfroidis , maiséchauffes davantage en leurs bonnes intentions , contraints laplupart de sortir hors la Ville, pour ne pouvoir souffrir la ty-rannie qui s’y exerçoit, les autres y demeurant de fe dissimuler ,auroient toujours fait luire quelques étincelles de cette bonneintention , Sc par communication íccrette des uns avec fes au-tres , n’auroient celle d’ourdir Sc tramer tout ce qu’ils auroient
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