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NÉCESSITÉ DEtaire EA
guerre enEsjagne.
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religieux repentir ose prendre la croix 6c l’eau benite, pour îetirer de vos ravelins 6c pont-levis, où ils font des ordinaires car-nages. Croïez-moi, il 11’a que trop de lâcheté pour vous don-ner un mauvais conseil , 6c trop peu de courage pour vous tirerdes ruines qui en naîtront, comme d’u ne iource de misère 6cde calamité. II est impossible , Messieurs , que je me puisse dé-guiser ; je fuis François , je ne faurois faire honneur à un Aman,ennemi de ma Nation : je ne faurois que je ne désiré un gibetparticulier à celui qui prépare un bûcher universel à la France.Je veux que la postérité me voie par les yeux de mon devoir 6Cde l’affection que je porte à mon Prince mal reconnu , 6c à monPais désolé. Et en outre , je fuis d’asiez bonne Maison pourne rougir point devant les qualités de la Noblesse de ces traî-tres , vrais avortons de la volupté des Rois. Encore ai-je cetavantage par dessus eux , qu’ils ne m’oferoient regarder pourrepartir fur cette vérité , s’ils n’étoicnt accompagnés de leursserviles créatures 6c lâches partisans. Retournons à PEfpagne :tout y elt pour nous, hormis nous-memes ; 1 argent qui nousmanque ici à toute heure, court l’interêt à tout moment pournotre venue. Portons feulement de la fidélité, chargeons-nousde cette relique , 6c nous ferons de nouveaux Saints en Espa-gne : c’est la plus belle croisade qui fe puisse entreprendre. LesCatalans , ceux de Castille 6c de Portugal font Juifs ; ceux deGalice 6c de Grenade font Mahométans , leur Prince est Athée.Sauriez-vous desirer une conquête plus juste , ou une guerreplus légitime ? II n’y a rien de fort que la frontière qui est latête ; la tête n’est pas continue avec les parties , le cœur y dé-faut, le corps est pourri : Pâme est fur les levres du malade,comme fur le seuil de la porte ; le Roi Philippe même n’est pasvivant, c’est un phantôme qui n’a point de fonction naturelle ,fa vie n’est qu’une illusion , ía puissance qu’un enchantement,6c son Roï'aume qu’une balotte qui roulera au gré de nos mains6c de nos bras victorieux. Les Espagnols nous accusent d’im-piété , en ce que nous ne voulons point obéir aux saints Dé-crets de la Providence Divine , laquelle nous assigne cette pé-ninsule , cet essieu de l’Occient, où notre Prince doit paroîtrecomme un second Atlas , entrant par cette voie au gouverne-ment du Cieldel’Europe. Rien n’intcrrompra son dessein que foi-même ; le Ciel l’a promis tel à la France,s’il sc veut rendre capa-ble d’un si grand bien. II ne faut point qu’il soit de la naturedes Taureaux, lesquels ne connoissent pas leur force ; il ne