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Tome sixième.
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V A R C H EDE NOE.

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MEMOIRES

Or , vo’íant que les misères de la France ne prennent pointencore fin, èc que la longueur fait quasi accoutumer plusieursà la fange , èc aux tuiles, & aux aulx &c oignon d’Egypte , & selaiíler emporter aux vagues flots des eaux, j’ai pensé, queje ne saurois entreprendre rien plus nécessaire , ni embraîïèrsujet plus propre que celui que j’ai entrepris , selon le petit ta-lent que le Seigneur m’a donné, de déduire en ce traité, n’aïantautre but , ainsi que connoît le scrutateur des cœurs, sinon té-moigner aux Eglises Réformées de la France , que je leur fuisLc ferai toujours présent d’aísection, &: de compassion cordiale,disant avec les Lévites de Jérusalem auPseaume 137. Si je temets en oubli, Jérusalem, que ma dextre s’oublie elie-même ;que ma langue soit attachée à mon palais, si je n’ai souvenancede toi ; si je ne mets Jérusalem pour le principal chef de maréjouiííance. Et de fait, c’est à cette heure , que tous vrais ser-viteurs de Dieu doivent s’évertuer , &L d’autant plus se montrerbons Matelots , que la pauvre barque est agitée de maintestempêtes à dextre èc à semestre, & qu’il se trouve des brouillons,lesquels poussés du vent d’ambition , ou de lâche couardise ,s’círorcent d’endormir les hommes , & leur faire perdre touteappréhension du danger auquel ils font , se laissant emmeneravec ceux qui font iniquité, &. sont adonnés à idolâtrie. Or ,peux-je bien faire mon compte , que si ce grand Héros de jus-tice, Noé, n’a pas fléchi les impénitens , ni converti le mondeobstiné, 2. Pier. 2. qu’encore moins auront mes remontrances,force ôc vigueur envers ceux qui n’ont cure de s’amender , ainsde déguiser le mal, & pallier leurs fautes , qui ne voudroientavoir autres Docteurs , ou Prêcheurs , que ceux qui cousent descoussins pour s’accouder , desquels est parlé au chap. 13 d’Eze-chicl. Mais arriéré tels flateurs , pestes du genre humain. Ar-riére ceux qui se détournent par des sentiers obliques. Pseaum,123. Malheur sur ceux qui appellent 1c mal bien , & le bienmal; qui font lesténebres lumière , &c la lumière tenebres ; quifont l’amer doux, & le doux amer. Isaïe 5. gens plus imperti-nens beaucoup que les pauvres Païens , qui ont très bien su con-noître & prononcer, Cic. 3. Offic. ex Panœt. que plus dange-reuse peste ne sauroit gliller au genre humain , que l’opinionde ceux qui séparent Phonnêteté de Futilité , òt qui sans avoirégard à ce qui est séant & convenable à la vertu , ne s’arrêtentqu’à quelque utilité prétendue. Un homme de bien, disoit ceíage Lc grave auteur Seneque, Epiji. 77, fera toujours ce qu’il