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Tome sixième.
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DE LA 1 I G U E. Z75

Mat t. io. Nc pensez point que je sois venu mettre la paix enla terre ; je ne fuis point venu mettre la paix , mais l’épéc. Carle Saint Esprit, parla prédication de l’Evangilc, redargue lemonde de son incrédulité j comme il est dit au 1 6. de SaintJean ; & crèvent les médians de dépit, quand on reprend leursactes pervers Sc leur vie abominable. Dont ce grand person-nage Sc Prophète de l’Etcrnel, Jérémic , se lamentoit, disant :chap. 15. Malheur sur moi , ômamere, de ce que tu m'as en-fanté homme de débat, Sc homme de discorde à toute la terreje n’ai. point prêté à usure ni fait tort à personne , Sc néan-moins tous me maudistènt. Et pourquoi ? pource qu'il reprenoitfranchement les idolâtries , corruptions Sc autres débordemensdu Peuple , tonnant Sc entonnant les jugemens de Dieu furcette Nation déloïale Sc obstinée. S’il faut donc parler desvraies causesdes déluges Sc calamités , il en faut amener d’autres ,que la prédication de l’Evangile , ou la réformation des abus;Sc les faut remarquer dès le commencement du monde en cegrand Sc horrible déluge, qui ravagea toute la terre. Quellefut la cause de (i grand esclandre ? Etoit-ce ce fâcheux, hommeSc prêcheur de repentance , Noé? Non certes, l'Ecriture enparle bien autrement. Car voici ce qu’cn écrit Moïse , au sixiè-me chapitre de Genese : que les en fa n s de Dieu , c’est-à-dire,ceux qui faisoient profession du pur service de Dieu , aucune-ment rétabli par Enos, ainsi qu'il est dit à la fin du quatrièmechapitre de Genese , Sc qui étoient istus de la bonne race deScth, lequel avoit succédé à Abel, commenceront à se laister alleraux désirs charnels, s’accostant des filles des hommes mondains ,Se regardant au dehors Sc non au-dedans ; à ce qui contententles yeux, 6c non à ce qui plaisoit à Dieu ; de sorte que sansavoir égard ni à la famille ni à la Religion , ils s’allierent avecles Infidèles, Sc avec la race damnable de Cain ; dont il estdit, que Dieu vit qu’il étoient du tout chair, c’est-à-dire,abandonnés aux désirs charnels, fans plus avoir de sentimentde religion ou des choses célestes ;& comme étoient les peres,tels devinrent les en fan s, une race fìere , tyrannique , race deGéans , c’est-à-dire de Mâchefers & Fierabras,* qui n’avoientautre but , que de braver Sc gourmandes tout le monde. Orétoit le débordement de ce temps là si général, qu’il est ditexpreílement, que la Terre étoit corrompue devant Dieu Scremplie d’extorsion ; Sc en somme , que toute chair avoit cor-rompu sa voie deílùs la terre, chacun aimant mieux se tenir ai*

159G

L'Aichí

DE Noe".