DE LA LIGUE/ 379
Histoire Ecclésiastique, chap. 29. C’cst que l’Eglise ne demeura \pas long-temps vierge Sc pure, après que le siecle des ApôtresSc de leurs Auditeurs Se Disciples fut passé; que bientôt plu- noé. RCHEsteurs abus Se erreurs commencerait à sourdre. Or faut-il direla vérité , que les guerres civiles, quelque prétexte, fondementSe apparence qu’custènt les Princes Se Officiers de la Couron-ne , de les demener , Se qu’au commencement elles fe démenas-sent avec quelque police Se reglemcnt, Se par des soldats qui11’étoient pas du tout fans crainte de Dieu, ont toutesfois fortabâtardi la pureté de la discipline , Se en général les mœurs desgrands Se des petits , Se à cause de leur durée Se diverses mé-saventures Se fâcheux événemens , fait reculer Se révolter plu-sieurs de PEglife , avec une infinité d’horribles faccagemcns detant d’Eglifes fiorissmtes , efquels on ne peut penser, que lescheveux quasi ne dressent en la tête. Et auffi me fouvient-ilavoir oui dire à ce grand Amiral de Chastilîon d’heureufe mé-moire, à la fin des seconds troubles , vers Pan 69 , qu'il avoitvu en la guerre tant de désordres Sc de misères, qu’il aimeroicdéformais mieux s’en aller en Allemagne le bâton blanc en lamain , que de retomber en telles difficultés , Sc être spectateurde tant de licence, désobéissance Sc désordres, efquels on nepouvoit, par aucun remede, pourvoir en temps de guerre. Qu’est-i 1 donc advenu après ces misérables guerres premières ? II advintaux Eglises ce qui advient aux vins frelatés , que jamais ils nefont si bons , ni si naturels qu’ils étoient en leur premier ton-neau. Ceux qui revenoient de la guerre, aïant tracassé par di-verses Provinces , hanté diverses personnes Sc maniéré des gens,n’cn rapportoient qu’une audace , témérité , dissolution en pro-pos Sc habillemens , Sc la paix étant tant soit peu rétablie, chacunétoit plus soigneux de rétablir fa maison que le temple de Dieu :pour être bien venu en cour, il salloit qu’hommes Sc femmesprissent Sc apprissent les belles modes de la Cour. Les exhorta-tions des Ministres n’avoient plus de poids : il ne fe trouvoitplus un double pour les foudoïer ; mais en matière de bon-bance, tout y alloit au double , rien n’étoit épargné. Or decela sourdent mille inconvéniens , abus Sc erreurs , ainsi que l’é-crit fort bien Saint Cyprian en une sienne Epître : quand, dis-je, on ne porte plus de respect aux Serviteurs du Seigneur,
Sc que le ministère est méprisé. Voilà comment petit-à-petitceux qui avoient été nourris, quasi dès le berceau au sein derEglife , devenoient pourris en toutes fortes de vices Sc comm-is bbij