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Tome sixième.
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DE LA LIGUE. 3S1

tout salut ? Est-ce le moïcn d’être guéri, quand les patiens veu-lent vivre à leur poste , être du tout déréglés, & plutôt hu-mer du venin , qu’un breuvage salutaire? Furent jamais ceuxqui dépendent du Pape ëc du Siégé Romain , nonobstant lalumière , que Dieu en ces derniers temps a présentée au mon-de, plus forcenés après leurs idolâtries, plus opiniâtres en tou-tes sortes de superstitions , plus acharnés contre ceux qui dési-rent servir Dieu íclon ses commandemens, ëc ne reconnoiííèntautre Evêque universel, que Jesus-Christ ? Furent jamais enFrance les voleries ëc astaffinats plus coutumiers , quelque peineque les Parle mens , seul contrepoids aujourd’hui de la tyran-nie , ëc unique résidu des joïaux anciens de la France, prennentde les réprimer? Quevoit-on autre chose au milieu de la pau-vreté de la France , qui est mangée jusqu’aux os , que tous ex-cès en habits ëc banquets, ëc ce tant aux uns qu’aux autres ?Ouit- on jamais plus de blasphèmes exécrables , ëc ce de la bou-che des uns ëc des autres ? Peut-on aujourd’hui discerner la plu-part de ceux qui sc disent dc la Religion , d’avec les autres ,en propos gestes ëc habits ? Vont-ils pas tantôt au Prêche,tantôt à la Meílc indifféremment, ne voulant plus porter lacroix , mais être portés ëc supportés de la croix , ainsi qu’écricSaint Augustin , en la 38. Epît. Que dirai-je, hélas , de l’a-bominable Athéisme, qui s’épand au long ëc au large, com-me un chancre , qui donnera le dernier coup mortel à la Fran-ce ? En trouve-t-on pas de ces beaux Religieux si mignards dcdélicats , qu’ils ont quasi honte d’ôter le chapeau , quand onprie Dieu ? Et là-deffus nous voudrions nous prômettre un sié-cle d’or , ou être ébahis , de ce que ces déluges de maux con-tinuent , fans voir ni fond ni rive ? Ce que la France subsistesi long-temps , faisant de vice vertu , Lc de vertu vice , il lefaut indubitablement attribuer à cette troupe , de laquelle estparlé en l’Apocalypse , chapitre septième , qui arrête un peu detemps le cours de l’ire de Dieu , ëc l’cxploit des quatre Angescontre le monde ; la troupe , dis-je , des Serviteurs de Dieu ,qui portent fa marque , ëc ne participent point aux pollutionsdu monde. Or voilà quant à ce point, ce que nous voulions dé-duire en ce chapitre, touchant la cause des déluges de maux,ëc dc leur durée.

iy;6.

L’ A R C H Ede Noe‘.