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L’Arche deNoé,
39 6 MEMOIRES
quelque fuite d’Evêques , depuis le temps des Apôtres, commeétant fraîchement recueillies , ne laissent pas d’être réputéesApostoliques, à cause de la consanguinitéôe convenance q u'el-les ont avec la doctrine Apostolique. Ainsi a u fi Saint Augustin,Contr. epifl. Fundament, cap. i, écrivant contre les Manichéens,allégué plusieurs choses, qui le retiennent en l’Eglife , commele consentement des Peuples , l’autorité des miracles , ôc autreschoses semblables ; que toutesfois , si on met en avant la vérité ,il faut que toutes autres considérations lui cèdent : car auísiquelle est la principale louange ôc recommandation de l’Eglise,sinon qu’elle doit être une colomne ôc appui de vérité ; non quela vérité soit appuiée sur les hommes ; mais que le fondementde cette maison de Dieu c’est la vérité , ôc qu’ellc y est auísimaintenue contre les Hérétiques ÔC suppôts ôc piliers de men-songe, de vanité ôc idolâtrie : ôc comme écrit Saint Ambroisesur ce passage-là , l’Eglise est la maison du Seigneur , en tantqu’il est là craint, servi ôc honoré , selon sa volonté , laquelle ilnous a enseignée.
Voilà quel étoitle lot ôc la vraie marque de cette Eglise pri-mitive du temps des Apôtres ; c’est qu’elle étoit persévérante enla doctrine des Apôtres , en la communion ôc fraction du pain( par laquelle maniéré de parler, partie métonymique , partiesynecdochique , est entendu l’usage des saints Sacremens ) ôcen oraison. O la belle louange, donc ,que donne l’Apôtre SaineJean au z de l’Apocalypse à ceux d’Ephese ! quand il loue leurpatience ôc constance , ôc qu’ils ne peuvent souffrir les mauvais ,ôc ont su éprouver ôc réprouver ceux qui prétendent d’etre Apos-toliques , ôc ne le sont point, non plus qu’u n singe n’estpas unhomme , une paillarde n’est pas une femme chaste ; auísi peusont ces Hypocrites ôc enseigneurs d’idolâtrie ôc fauffe doctri-ne, contraire à celle des Apôtres, la vraie Eglise , ains plutôt laSynagogue de Satan, comme écrit ledit Apôtre , au même cha-pitre , à ceux de Smirne.
Etasin que j’adreffeen cet endroit mon propos aux vrais fidè-les ôc serviteurs de Dieu , qui restent en France; je veux- bienuser des mêmes mots , desquels use Saint Paul au chap. z del’Epître aux Colloísiens. Mes freres , combien que je sois absentde corps ; toutesfois je fuis avec vous d’esprit, en m’éjouiffàntôc voïant votre ordre , ôc la fermeté de votre foi, que vous avezen Christ. Ainsi donc que vous avez reçu le Seigneur Jesus-Chxist , cheminez en icelui, étant enracinés ôc édifiés en lui,