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-- Faisans, coupa d’un couteau les traits des chevaux, asin que
^87- J c chariot demeurât en cette place. Au même instant, les autresPrise se jetterent fur le corps de garde , duquel ils sc tirent Maîtres ;bàmuns. auílî-tôt donnant signal à l’embufcadc, la porte fut saisie dcces Soldats (i) , lesquels commenceront à entrer en foule tant àpied qu’à cheval, tirant droit à la place. La résistance que sire n tles Bourgeois ne fut grande, íe votant surpris , par faute dcbonne garde. Lc Comte dc Saint Paul (z) qui étoit dans la Vil-le , entendant le tumulte , se jetta hors Amiens par une autreporte , s’enfuit à Corbie (}) avec autres. La Ville ne fut pillée ,mais les Bourgeois composèrent avec les Capitaines 6c Soldats ,lesquels occupèrent au même instant toutes les Forteresses de laVille , 6c saisirent l’Arsenal , ou fut trouvée grande quantitéde grostes 6c moïennes picces d'artillerie , avec huit cens caquesde poudre , balles 6c autres munitions , que le Roi y avoir en-volées. Ceux dc la Ville étoient les uns à í’Eglisc , 6c la plupartdes Citoïcns dormoient encore à la Françoise , comme on ditcommunément, Lc les autres Artisans, qui étoient en leurs bou-tiques , entendant le timbre du Belfroi (4) sonner à l’ordinaire ,cuidoient que ce fût quelque Cavallerie Françoise qui passâtprès la Ville. Mais tôt après, votant les Espagnols & Wallonsmarcher les rues avec les écharpes rouges en bon ordre, équi-page 6c résolution dc vaincre ou mourir , chacun commence à
f ienser pour soi, 6c se sauver à la fuite , les uns se retirans encurs maisons, 6c serrans boutiques , les autres se jettans horsla Ville par autres portes. Au reste , la proie trouvée en cetteVille, surpasse l’estimation qu’on en sauroit faire , d’autantque c’est un lieu où arrivoient les Marchands de tous endroits,tant de France, que du Païs-Bas ; 6cee, pour la situation com-mode de la Ville , 6c auíîi pour l’opportunité de la riviere dcSomme , laquelle , moïennant la grâce de Dieu , servira défor-mais de borne au Païs d’Artois , comme elle a fait passé centsix vingt ans ou environ , du temps du bon Duc Philippe dcBourgogne.
On ne sauroit dire laquelle fut plus grande , ou la joie desEspagnols , pour une si haute 6c aisée conquête, ou la tristeilcdes François cn la perte d'une Place 11 importante. Le Roi qui
íi) C’étoir la porte de Montrccu. laissa sa femme dans la Ville ; mais Hernand
( 1 ) François d’Orléans, Comte de saint la lui renvoïa peu de jours après avec fe’sPol, Gouverneur de la Province. équipages.
(3) Pat la porte dc Noyou. Le Comte (4) DuBéfroy.
pensait