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DeEAITE del'ARMEE DUCardinald’Autiuchs.
yu MEMOIRES
jusqu à une lieue de Bapaume , diminuant toujours leur nombrepar les chemins , & ne les laissèrent qu’ils ne lussent à la vue deleur retraite. Sa Majesté en a rapporté deux de leurs Cornettes :mais il est bien certain , que cette déroute leur rend inutilescinq cens chevaux , tant prisonniers que morts : car c’a été parles Païfans qu’a été fait le plus grand meurtre de ceux qui sesont retirés dans les bois. II fe dit, qu’entre les Prisonniers, il ya quelques-uns des Capitaines , mais cela n'est pas encore bienreconnu. La cavalcade fut pour le moins de vingt lieues , Scn’erí retourna le Roi qu’il ne fût une heure de nuit. Par lemoïen de cette diligence , que firent ceux du Cardinal à leurretour , il aura entendu leurs nouvelles plutôt qu’il ne penfoit;mais elles n'auront pas été du tout si bonnes qu’il les attendoit.II y a bien apparence , qu’aïant vu que la reconnoissance dulogis , qu’il vouloir faire près d’Amiens, lui a été si chere , qu’ilappréhendera qu’il n’en auroit pas peut-être si bon marché ,silui-même les venoit prendre. Toutesfois Sa Majesté demeu-re toujours en opinion & attente de la bataille , à laquel-le ils fe voudront piquer fur leur perte. L’on fit le soir savoircette nouvelle aux assiégés , par la réjouissance générale qui enfut faite en l’armée; à quoi il fe reconnut bien, qu’ils n’y pre-noient nul plaisir. C’est un effet de la prompte résolution de SaMajesté , de son grand jugement à la guerre , & de son extrêmediligence en ses exécutions. C’est aussi un échantillon du bon-heur qui l’attend en ce siégé, & les arrhes , moïennant l’aide deDieu , d’une pleine & entiere victoire à l’encontre de ses Enne-mis : pour à laquelle pouvoir parvenir , le devoir commande àtous bons serviteurs de Roi d’y accourir, Lc ne feront aucune-ment excusables, ceux qui y défaudront.
Avertijsement.