D E LA LIGUE.
I6r
1597-
Stances au
Avertijsement. Ro1 *
X i A confusion des Espagnols chassés d’Amiens, fur matière de joie indi-cible par toute la France. Alors on vit chanceler la Ligue, & tous lesbons Sujets du Roi reprendre leurs esprits. Par le Roïaume il y eut di-verses détnontrances d’allegreíTe publique. Le Roi qui avoir été continuel-lement occupé aux affaires de la guerre, étoit infiniment désiré à Paris,tant pour donner ordre du côté de Bretagne, où la Ligue grondoit encore ,que pour commencer à remettre en état son pauvre Roïaume. Entr’autrespieces publiées fur le déclin de la Ligue, on fit cas de quelques Stances,composées par deux renommés Poètes François (1), lesquelles nous avonsbien voulu ajouter en cec endroit.
STANCES A U ROI,
Pour le convier de revenir à Paris (i).
L
ou s qui, comme Perfée, avec la sage ruse ,
Dont la vertu conduit les généreux projets,
Avez tranché la tête à l’horrible Méduse,
Qui chatigeoit en rochers les cœurs de vos Sujets,
Grand Roi, venez revoir votre belle Andromcde,
Qui , n’aguere exposée aux monstres du malheur ,
Ne doit fa délivrance à nul autre remede,
Qu’à votre feule grâce , 6c prudence 6i valeur.
II.
Venez revoir Paris , cet antique Navire,
Qu’un orage, excité par la fureur du fort,
Alloit ensevelir dans les flots de son ire ,
Sans votre heureux secours, son vrai Phare 6í son Port.Voiez comme le Ciel l'en aïant préservée ,
Elle brave l’orgueil des vents plus inhumains,
Et trouve moins de joie au bien d’être sauvéeQue de gloire en l’honneur de l’être par vos mains.
(x) Ces Stances font d’un seul & même Poète,fi) Ces Vers font de Jean Davy du Perron , qui a été Cardinal.
Tome VI.
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