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Tome sixième.
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DE LA LIGUE. <? r9

cle regner , un zelc vraicmcnt Catholique , c’est-à-dire , de sc -«

faire Roi universel , 8c en un mot, que la guerre de France étoit 1 59^..une pure guerre d’Etar. Et j’appellc à témoin de cette vérité fa Discourspropre conscience : laquelle je m’asture, s’il croit une seconde SUR laPaixvie , s’il attend un jugement dernier, lui donne d’étranges allar-mes , quand il vient à considérer , que de toutes ses actions ,voire des pensées les plus secrettes , il est comptable à ce grandDieu, qui lui avoir mis son Sceptre à la main pour conserver , 8cnon pour détruire, pour édifier la Chrétienté , 8c non pour lasaccager. Or , je lui demande en Chrétien de quoi lui a profitéla perte de tant de milliers d’hommes , 8c tant de fiing que sonambition a fait répandre en tant de lieux ? On rapporte de Pe-riclès, premier homme de la Grcce en son temps, qu’étantprêcà rendre lame , il se réputoit bienheureux de ce que nul Athé-nien n’avoit oneques porté robe noire à son occasion. Certes ceRoi, qui est proche du cercueil , n’aura jamais tant de consola-tion en mourant, de pouvoir dire le même des Chrétiens. Aucontraire , s’il lui reste quelque pieux sentiment dans le cœur , ily doit avoir une grande triste fie d’avoir été si long-temps le fléaude Dieu en la Chrétienté , 8c l’cxécuteur de ses vengeances cé-lestes pour châtier particulièrement nos Pcres 8c nous ; 8c doitbien auíîì appréhender que ce même Dieu ne le visite à son tour,mais bien plus rudement 8c avec fa verge de fer, comme il estCertain que fa divine justice n’épargne jamais tôt ou tard les ins-trumens de son ire. Mais que lui avoir fait la France pour se ren-dre l’Architecte de ses maux , 8c la poursuivre avec tant de ri-gueur ? Quelle juste cause le mouvoir d’avancer la ruine du plusbel Etat de l’Europe , hâter ses destinées , 8c vouloir priver laChrétienté de l’un de ses yeux ? Tant s’en faut qu’il en eût undigne sujet, que ni lui, ni ses prédecestcurs, ne pouvoient, fanshonte 8c fans ingratitude extrême , lui pourchastèr que toutbien. Je laiste à part l’étroite obligation que les Rois d’Espagneont à la Couronne de France, à cause des terres qu’ils en tien-nent , 8c dont ils savent bien qu’ils relèvent comme Vassaux. Enquoi il se pourroit soutenir que les Rois d’Espagne ne se peu-vent excuser de félonie, toutes 8c quantes fois qu’ils s’attaquentíiux Rois de France. Je mécontente de dire au Vieillard qu’il sefaste lire ses Annales pour y apprendre , s’il l'ignore encore ,comme nos Rois ont rétabli autrefois ses Ancêtres en leur trô-ne , 8c envoie des Connétables à cette fin avec de puifiantes ar-mées , au milieu jnême de leurs guerres intestines. Et n o n-feu-