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Tome premier.
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( r;6 )

Bonnivard, en sortant de íà captivité, eut leplaisir de trouver Geneve libre & réformée ; la Ré-publique s’empressade lui témoigner fa reconnoifsance & de le dédommager des maux qu’il avoitsoufferts; elle le reçut bourgeois de la ville aumois de Juin 1336; elle lui donna la maisonhabitée autrefois par le Vicaire-général, & ellelui asiigna une pension de 200 écus d or tantqu’il séjourneroit à Geneve , & qu’il s’y condui-roit convenablement. II fut admis dans le ConseildesDeux-Cent en 1537.

Bonnivard n’a pas fini d’être utile : après avoirtravaillé à rendre Geneve libre , il réussit à larendre tolérante. Quand la réformation fut éta-blie dans la ville, les Magistrats penserent àl’établir dans les campagnes ressortissantes deleur jurisdiction; mais les Ecclésiastiques & lespaysans refusèrent d’abord d’abandonner leurcroyance. Bonnivard , jaloux de leur liberté,applaudit à leur conduite; il engagea le Conseilà leur accorder un tems suffisant pour examinerles propositions qu’on leur faisoit; il réussit parlh douceur : on prêche toujours le Christianismeavec iùccès quand on le prêche avec charité,

Bonnivard fut mécontent de la République ;il ne crut point avoir été dédommagé de cequ’il avoit perdu pour elle; il demanda en 1538d’être mis en possession de son prieuré de Saint'