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Mais le triste état des François réformés trou-bîoitle bonheur de Calvin j il avoit toujours fousles yeux les persécutions qu’on leur faisoit souf-frir ; il prend un parti qui honoroit François I;comme Calvin connoistòìt la grandeur d’ame de cePrince , il résolut de l’instruire des malheurs deses ílijets & de lui en dévoiler les cau&s : ilcomposa dans ce but en latin son Inflruclìonchrétienne , qu’il dédia au Roi de France parune préface dont l’éloquehce est toujours juste-ment admirée, & qui se compte entre les troispréfaces qui ne s’oublieront jamais. II me paroîtque Calvin pensoit encore alors à faire l’apo-logie des Princes d’Allemagne , que François Ifaisoit déchirer par Du Bellay son Ambassadeur.
Pendant que Calvin achevoit cet ouvrage , ilapprit que I’Italie uourrissoit en divers lieux desidées favorables à la réformation ; il vole auprèsde cette célébré Duchesse de Ferrare , fille deLouis XII, que ses grandes connoissances & songénie avoient fait connoître à tous les gens delettres, & vers laquelle les savans Réformateursse tournoient avec empressement, parce qu’ellepensoit dune maniéré peu éloignée de leurs opi-nions. Cette Princesse qui connoissoit le mérite deCalvin le reçut avec distìnétion , & Calvin la con-firma dans ses principes ; elle conçut même pource Savant une estime qn’elle conserva pendant
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